Réseau Action Climat France


L’Inde appelle à l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto
Dans la rubrique : Revue de presse

Imprimer cet article
mercredi 23 octobre 2002

NEW DELHI, 23 oct (AFP) - Le ministre indien de l’Environnement, T.R. Baalu, a lancé mercredi à New Delhi "un appel pressant" à l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto et affirmé que les pays industriels avaient "le rôle principal" à jouer aujourd’hui et à l’avenir dans la lutte contre le changement climatique.

"Tous les pays doivent promouvoir le développement durable" qui doit réconcilier croissance économique et environnement. "Mais ce sont les pays développés qui doivent jouer le rôle principal dans la modification à plus long terme des tendances (à la hausse) des émissions (de gaz à effet de serre) et adopter les mesures de réduction (des émissions) qu’ils se sont engagés à prendre".

M. Baalu ouvrait une nouvelle conférence de négociations sur le changement climatique sous l’égide de l’ONU. Il présidera les travaux qui se déroulent pendant dix jours au niveau des hauts fonctionnaires puis des ministres de l’Environnement à partir du 3O octobre.

Le réchauffement climatique causera des dégâts dans les forêts canadiennes MONTREAL, 22 oct (AFP) - Les grandes forêts canadiennes subiront sous l’effet du réchauffement climatique, plus d’incendies, d’invasions d’insectes nuisibles et autres perturbations, selon un rapport publié mardi par le ministère des Ressources naturelles du Canada.

Dans ce vaste pays nordique, qui recèle 400 millions d’hectares de régions boisées soit le dixième de la couverture forestière mondiale, des phénomènes liés aux changements climatiques sont déjà observés : la saison de croissance de certaines espèces s’est allongée, et la limite des arbres dans les montagnes Rocheuses a grimpé en altitude.

"Chaque année environ 0,5% des forêts canadiennes subissent d’importantes perturbations causées par les incendies, les insectes et les maladiessouvent fortement influencées par les conditions météorologiques" souligne le rapport, prévenant qu’il fallait s’attendre "à ce qu’elles s’amplifient, à l’avenir sous l’effet du changement climatique prévu".

Surtout, selon les auteurs, les intéractions entre ces éléments perturbateurs pourraient multiplier les dégâts, les conditions de sécheresse favorisant par exemple les invasions d’insectes et par conséquence les épidémies.

Des températures plus élevées permettraient aux insectes de mieux résister à l’hiver, et "certaines espèces nuisibles qui ne posent actuellement pas de problème dans la majeure partie du Canada pourront migrer vers le nord".

Le rapport s’inquiète aussi de l’augmentation des risques de phénomènes extrêmes en cas d’hivers plus doux, comme la tempête de verglas qui a dévasté en janvier 1998 les arbres du sud du Québec et du sud-est de l’Ontario.

Mais sans aller jusqu’aux phénonèmes extrêmes, les simples périodes de redoux en plein hiver contribuent au "déclin à grande échelle" du bouleau jaune déjà constaté dans l’est du Canada, un dépérissement qui ne fera que s’aggraver.

Si certains écosystèmes, notamment dans la région des Grands lacs et du fleuve Saint-Laurent, pourraient souffrir des impacts des changements climatiques, d’autres régions pourraient en revanche tirer leur épingle du jeu.

En effet, la hausse des températures et des concentrations en gaz carbonique, mêlée à des précipitations plus abondantes ou des périodes sans gel plus longues, permettraient d’accroître la productivité de certains types d’espèces.

Malgré la grande incertitude des projections sur les effets réels des changements climatiques, ceux-ci auront un impact socio-économique au Canada, pays où, rappelle le rapport, le secteur forestier fournissait 370.000 emplois directs en 2000, et dont les exportations rapportaient l’an dernier plus de 47 milliards de dollars canadiens (30 Mds USD).

Ottawa s’est engagé à ratifier d’ici la fin de l’année le protocole de Kyoto, qui lui impose une réduction de 6% de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, d’ici 2008-2012.