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Villepin réchauffe le Plan climat
date 19 décembre 2005
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Villepin réchauffe le Plan climat

Aides en faveur du solaire photovoltaïque, de l’écohabitat, taxe sur les voitures énergivores... le Premier ministre veut donner une âme au plan.

L’objectif affiché est clair : diviser par 4 les émissions nationales de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. En juillet 2004, le gouvernement a donc bâti un plan d’action assorti d’une batterie de mesures pour gagner ce pari. Jusqu’à ce soir à Paris, le Rendez-Vous Climat 2005 dresse le premier bilan d’un an et demi d’application d’un programme sévèrement critiqué par les associations environnementalistes pour son manque de punch, notamment dans les domaines du transport et du bâtiment. Alors que, de mémoire de climatologue on a jamais eu aussi chaud cet automne, Dominique de Villepin s’est efforcé hier de ragaillardir une politique anti-GES bien frileuse. En fait, l’hôte de Matignon a surtout montré qu’il voulait reprendre la main, car le déréglement climatique préoccupe de plus en plus de Français. Et à fortiori, il intéresse ceux qui ne manquent pas une occasion de répondre à (toutes) leurs inquiétudes. Comme Nicolas Sarkozy, le 19 octobre dernier lors de la Convention UMP sur l’Ecologie...
« Avec la crise pétrolière ou les catastrophes naturelles à répétition, le réchauffement est entré dans les moeurs, les gens ont compris que quelque chose ne tourne plus rond au-dessus de leur tête et dans leur portefeuille. Il est devenu un thème porteur de campagne électorale », ironise Olivier Louchard, du Réseau Action Climat-France.

Logements basse énergie

Pour exprimer la prise de conscience de son équipe, le Premier ministre n’est pas venu au Rendez-Vous les mains vides. Sur le volet des transports, artisans d’une hausse de 23 % des rejets de GES entre 1990 et 2003, il a rappelé des mesures déjà annoncées en septembre, comme le malus appliqué sur les voitures haut de gamme, l’étiquetage obligatoire des émissions de CO2 pour les véhicules neufs « avant le 1er juin 2006 », ou encore le déblocage de 100 millions d’euros pour inviter la recherche à concevoir une voiture capable de se contenter de 3,5 l au 100 km.

« On n’a entendu que du réchauffé », tempête Laetitia De Marez, de Greenpeace-France, « la taxe CO2 sur la carte grise ne concernera que 8 % des véhicules neufs et la voiture économe en carburant n’est pas pour demain ».
Dans le secteur du bâtiment, Dominique de Villepin a innové en jetant les bases - mais sans la chiffrer - d’une stratégie de rénovation des logements anciens « afin qu’ils ne consomment que 50 kw/h par m2 ». Une mission de recherche sera confiée à l’Agence de maîtrise de l’énergie (Ademe) et à l’Agence nationale de rénovation de l’habitat pour développer les logements moins énergivores.
« L’idée est bonne, mais il faudra que le Premier ministre m’explique comment il peut mobiliser l’Ademe après avoir gelé 34,7 millions d’euros de son budget en 2005 et sans doute en 2006 », s’interroge Louchard.

Toits solaires

Comme en septembre, les écolos sont ressortis sceptiques. Pas les industriels du Syndicat des énergies renouvelables, qui ont particulièrement apprécié « les 50 % de hausse du tarif de rachat par EDF de l’électricité photovoltaïque aux particuliers ». Actuellement, le prix payé est de 14,3 cts d’euros le kWh. Additionné aux 40 % de crédits d’impôts Ï portés à 50 % en 2006 Ï pour l’équipement, ce coup de pouce devrait ranimer une filière totalement anémiée, d’autant que la mesure prévoit aussi de doubler le tarif de rachat pour les installations collectives ou industrielles. Pour Arnaud Mine, vice-président du SER, « on gravite autour des 20 MW installés en France métropolitaine. Une misère alors que la technologie française est très performante dans le domaine des toits solaires. Faute de soutien, cette filière industrielle se délocalise », dit-il avec l’espoir que l’Ademe révise son arbitrage budgétaire en faveur d’un secteur pour lequel elle n’a pas accordé un centime en 2005 : « pour un particulier, il suffirait d’un euro de subvention directe par watt pour que le retour sur investissement devienne acceptable. Si on lançait l’année prochaine un programme de 4 MW, il faudrait 4 millions d’euros d’aides. Vu l’enjeu économique et environnemental, ce n’est rien ».

"L’Est Républicain" Patrice COSTA
15 novembre 2005
http://www.estrepublicain.fr/societ...