
15/04/04 - AFP
Le Réseau "Sortir du nucléaire" a relancé jeudi sa campagne contre le nouveau réacteur nucléaire EPR, alors qu’un débat sur l’énergie se tient le même jour à l’Assemblée nationale.
Lors d’une conférence de presse, le réseau, qui revendique quelque 650 associations, a donné le coup d’envoi d’un Tour de France du "Royaume du nucléaire" en 28 étapes et 46 sites (centrales nucléaires, usines de combustible etc).
Le départ sera donné les 24 et 25 avril, à la veille du 18e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). Le Tour démarrera symboliquement près de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne centrale en activité en France, où les militants sont invités à venir avec des arrosoirs rappelant la canicule d’août 2003, qui avait contraint EDF à arroser la centrale.
Il culminera par une manifestation le samedi 22 mai à Rouen, près de Penly (Seine-Maritime), site envisagé selon les écologistes pour implanter le démonstrateur d’EPR.
Le réseau écologiste juge "illégitime" la décision de construire un réacteur nucléaire de troisième génération à eau sous pression (EPR). Il estime que le débat national sur l’énergie organisé en 2003 a été une "parodie de démocratie".
Les écologistes craignent que la construction d’un démonstrateur d’EPR relance la filière nucléaire, enterrant les efforts de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables, mis en avant lors du débat l’an dernier par le gouvernement.
Le coût estimé du prototype est de 3 milliards d’euros, dont le financement n’a pas encore été annoncé par le gouvernement.
Sortir du nucléaire, Agir pour l’environnement, Greenpeace, les Amis de la Terre et le Réseau Action Climat France ont appelé les députés "hostiles à cette mascarade à boycotter le débat parlementaire" jeudi 15 avril 2004 et à participer à un échange citoyen dans l’après-midi Place des Invalides.
jeudi 15 avril 2004, 10h52 Un "tour de France" des écologistes mobilisés contre l’EPR
PARIS (Agence Reuters) - Le Réseau "Sortir du nucléaire", qui rassemble 688 associations, annonce un mois de mobilisation à partir du 24 avril à travers la France contre la construction du réacteur de troisième génération EPR.
La mobilisation prendra la forme d’un "tour de France" de 28 étapes dont le coup d’envoi sera donné devant la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace.
Les militants, qui sillonneront la France jusqu’au 22 mai, organiseront des manifestations devant la plupart des installations nucléaires importantes et devant des sites produisant de l’énergie renouvelable, a-t-il expliqué.
Ce tour de France se terminera par un rassemblement à Rouen, près de Panly (Basse-Normandie), l’un des sites susceptibles de recevoir le réacteur EPR (réacteur européen à eau sous pression).
D’ici à 2020, la France doit remplacer 30 de ses 58 centrales nucléaires.
Les écologistes préconisent, pour remplacer le nucléaire, des énergies renouvelables comme l’énergie éolienne, le solaire, la géothermie ou la biomasse.
Ils affirment que l’EPR, dont le prix du prototype est évalué à trois milliards d’euros, produit autant de déchets nucléaires que ses prédécesseurs.
Trois régions se sont pour l’instant portées candidates pour accueillir l’EPR : Rhône-Alpes, la Basse-Normandie et la Haute-Normandie.
"Le nouveau ministre de l’Industrie Nicolas Sarkozy fait allégeance au lobby nucléaire", a estimé le porte-parole du réseau, Sortir du nucléaire, Stéphane Lhomme, qui a présenté jeudi son programme de mobilisation.
Le ministre de l’Economie Nicolas Sarkozy a annoncé cette semaine la tenue d’un débat d’orientation sur l’énergie le 15 avril au Parlement.
Le 5 avril, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans son discours de politique générale, avait déclaré que la France devait s’engager dans la voie de l’EPR.
De son côté, François Roussely, le P-DG d’EDF, a estimé cette semaine que la procédure du choix d’un site pour l’EPR serait lancée juste après le débat d’orientation.
"Il s’agit là d’un inacceptable passage en force", a estimé Stéphane Lhomme. "La population française, majoritairement, refuse la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et préconise les économies d’énergie et les énergies renouvelables", a-t-il dit.
Il a accusé Nicolas Sarkozy d’avoir "très vite cédé aux pressions des multinationales Areva et EDF qui exigent la construction du réacteur EPR".