
Les ONG françaises appellent les décideurs à dépasser le « syndrome de Copenhague » et à impliquer les populations vulnérables au changement climatique dans les négociations et sur le terrain, avec quatre priorités : les financements, l’adaptation, les forêts et les agricultures paysannes.
Migrations climatiques, baisse des productions agricoles et dégradation des terres dont dépendent des populations entières, manque d’accès à l’eau potable, malnutrition accrue : les exemples ne manquent pas pour illustrer comment le changement climatique accentue les inégalités en touchant de plein fouet les populations les plus vulnérables. Les pays du Sud sont les premières victimes du changement climatique alors même que leur responsabilité est limitée. L’intégration des enjeux de solidarité internationale est essentielle pour que les engagements sur le changement climatique prennent en compte, dès la phase des négociations, les populations vulnérables et se déclinent sur le terrain de façon équitable et efficace. À l’occasion de la 16e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, du 29 novembre au 10 décembre, les pays doivent dépasser le « syndrome de Copenhague », donner un signal positif fort pour paver le chemin vers un accord mondial sur le climat équitable, ambitieux et juridiquement contraignant. D’après l’Agence internationale de l’énergie, le coût de l’échec de Copenhague est de 1 000 milliards de dollars. À travers leurs savoir-faire techniques reconnus, leur proximité avec les populations locales, leur capacité à sensibiliser les citoyens et leur force de proposition politique, les ONG d’environnement membres du Réseau Action Climat-France et les ONG françaises de solidarité internationale réunies au sein de Coordination SUD travaillent main dans la main pour contribuer à la définition et à la mise en œuvre de règles internationales sur le climat efficaces et équitables vis-à-vis des populations du Sud les plus vulnérables. Coordination SUD et le RAC-F appellent la communauté internationale, en particulier les pays du Nord, à s’engager sur les quatre enjeux suivants à Cancun : 1. Garantir des financements additionnels, transparents et efficaces. 2. Raccrocher les négociations sur l’adaptation aux réalités du terrain. 3. Impliquer les populations vulnérables dans les déclinaisons nationales du mécanisme REDD +. 4. Soutenir les agricultures paysannes du Sud.