
Olivier Louchard, membre du Réseau action climat, dresse un état des lieux du plan : « Le gouvernement se contente de mesurettes »
"Libération" Laure
NOUALHAT
14 novembre 2005
http://www.liberation.fr/page.php?A...
Olivier Louchard est membre du Réseau action climat (RAC) qui participe au
rendez-vous Climat du gouvernement.
Quel bilan dressez-vous de l’état d’avancement du plan Climat ?
Après un an et demi d’existence, son bilan est bien maigre. Le gouvernement ne se contente que de mesurettes. Les moyens qu’il a concrètement déployés pour lutter contre le changement climatique contrastent avec les déclarations alarmantes proférées par Jacques Chirac et son équipe gouvernementale, et même celles de Nicolas Sarkozy lors du dernier congrès UMP.
Quels sont les plus gros ratés ?
Le plus important reste la non-mise en œuvre du bonus-malus qui, après avoir été contesté par les députés UMP, figurait au rang d’étude dans le plan Climat. Autre couac : l’annonce malheureuse de Perben, tout juste arrivé au ministère des Transports, sur la réduction de vitesse sur autoroutes et la levée de boucliers immédiate que cela a provoquée au sein de son propre camp. Il faut faire des efforts en priorité sur les deux secteurs les plus préoccupants : les transports et les bâtiments.
Il n’y a vraiment eu aucune avancée dans ces deux domaines...
En ce qui concerne les transports, le gouvernement mise sur d’hypothétiques innovations technologiques et continue de privilégier le tout-routier. Quant au bâtiment, on peut certes saluer les crédits d’impôts pour les travaux de maîtrise de l’énergie et les équipements d’énergies renouvelables, mais la priorité reste l’isolement des logements existants.
A saluer aussi, la sensibilisation du grand public avec les campagnes nationales de l’Agence gouvernementale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), notamment « faisons vite, ça chauffe ». On peut seulement regretter que les crédits de l’agence baissent chaque année, ce qui peut mettre en péril la dynamique lancée. A ce propos, rappelons que les subventions du ministère de l’Ecologie baissent aussi (il représente à peine 0,3 % du budget national !) tout comme celles des associations de protection de l’environnement.
Les objectifs du plan Climat doivent-ils être revus à la baisse ?
Non, ce sont les bons : respecter Kyoto et diviser par quatre nos émissions nationales de gaz à effets de serre d’ici à 2050. C’est une question de solidarité internationale, l’unique moyen d’éviter les pires impacts des changements climatiques, notamment sur les pays les plus pauvres. Ce qui ne doit pas être revu à la baisse, ce sont les moyens et le courage politique.
Que peut-on attendre de ce rendez-vous Climat ?
Il est prévu que certaines mesures viennent renforcer le plan Climat en juillet 2006. Notre réseau sera comme toujours présent pour en tirer les conclusions et proposer des mesures fortes. Néanmoins, nous avons la nette impression qu’à chaque fois que nous rencontrons les décideurs pour leur faire des propositions, ces dernières finissent... à la poubelle.
http://www.liberation.fr/page.php?A... (Maigre bilan pour le programme gouvernemental lancé en 2004.Le plan Climat perd du temps Par Sylvestre HUET lundi 14 novembre 2005 Libération)