
L’UMP se découvre une fibre verte Voeux pieux et promesses en dépit des contradictions et des coupes budgétaires
"Liberation" Laure NOUALHAT
20 octobre 2005
http://www.liberation.fr/page.php?A...
« Penser loin, agir vite », selon le slogan sarkozien, ou « parler beaucoup et
faire après » ? On ne sait pas, des deux, quel est le titre qui convient le
mieux à la convention UMP dédiée à l’écologie organisée hier à Paris. « Nous
voulons prendre acte de l’échec historique de l’écologie politique en
France », explique Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne,
spécialiste des questions environnementales à l’UMP. Et, au passage, prendre
la place délaissée par les Verts : « Il est temps de passer à une écologie de
conjugaison où chacun trouve son compte. » L’écologie a toujours été un alibi
stratégique, à gauche comme à droite, mais la députée estime qu’« il faut
désormais réinterpréter tous les problèmes par le prisme de l’écologie ».
Alors, pourquoi ne pas commencer tout de suite ?
Après tout, la ministre de l’Ecologie, Nelly Olin, pourrait mettre en œuvre dès demain les mesures prônées par Sarkozy. Pour placer l’écologie au centre des décisions, le patron de l’UMP préconise la création d’« un grand ministère de l’Ecologie regroupant au minimum l’énergie, les transports et l’équipement ». Ambitieux, surtout quand on sait que le budget de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) vient d’être revu à la baisse pour cause d’austérité budgétaire. « L’écologie n’a jamais été au cœur des préoccupations de Bercy, signale un fonctionnaire du ministère de l’Ecologie. Je suis curieux de voir comment ça pourrait le devenir. »
Nicolas Sarkozy souhaite que les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse) représentent « 10 % de notre consommation ». Mais sans préciser avec quels leviers ce pourcentage pourrait être atteint. En début de semaine, les acteurs de la filière solaire avaient accusé le gouvernement de les « saborder » en supprimant les subventions 2006 de l’Ademe. Côté transports, Sarkozy suggère d’« encourager le transport ferroviaire de marchandises et les autoroutes de la mer ».
« Pourtant, l’actualité est au doublement de la capacité des autoroutes du Sud et du Nord », constate le réseau Action Climat.
Si l’écologie a tant les faveurs des politiques, c’est qu’elle crée de l’emploi : 3 % par an, « c’est-à-dire l’objectif général de croissance qui pourrait permettre à notre pays de retrouver une situation de plein-emploi », a précisé hier Sarkozy. Autant dire que l’écologie et la croissance sont conciliables aux yeux de l’UMP. Mieux, la réduction des émissions de CO2 pourrait aller de pair avec la croissance. La preuve ? La relance du programme électronucléaire, jugée à droite et parfois à gauche comme une des réponses majeures au réchauffement climatique, va créer des emplois. « Ils sont dans le mythe du bouquet énergétique et préfèrent militer pour la relance du programme nucléaire plutôt que pour les économies d’énergie », conteste Yannick Jadot, chargé des campagnes de Greenpeace, venu s’exprimer sur ces questions face à un représentant de l’Institut français du pétrole qui souhaitait que la construction de dizaines de centrales nucléaires réponde à la demande énergétique.
Devant une assemblée attentive, le professeur Belpomme, cancérologue, a dénoncé la non-application du principe de précaution ou du pollueur payeur et a dressé un bilan désastreux de la politique de santé environnementale : « Le désengagement de l’Etat est presque total. L’écologie doit devenir la priorité des priorités politiques. Notre siècle sera écologique ou nous ne serons plus. » Mais les regards de l’UMP sont braqués sur une échéance plus proche : 2007.
http://www.u-m-p.org/site/GrandDisc... (Ecologie : penser loin, agir vite Mercredi 19 octobre 2005 [ Faut-il doubler l’autoroute du sud et l’autoroute du nord, comme on le prévoit actuellement, ou créer un axe nord-sud de transport ferroviaire des marchandises ?])