
Nelly Olin annonce une amélioration de l’étiquetage CO2 des voitures neuves
La ministre de l’Ecologie, Nelly Olin, a annoncé vendredi à Paris une amélioration des étiquettes indiquant les émissions de CO2 des modèles neufs, que les concessionnaires doivent afficher sur ou à proximité immédiate des véhicules.
Le CO2 (dioxyde de carbone ou gaz carbonique) est le principal gaz responsable du réchauffement climatique.
Mme Olin intervenait lors d’une réunion publique faisant le bilan de l’application du Plan véhicules propres, lancé en septembre 2003.
Les concessionnaires affichent actuellement, devant chaque modèle neuf, une étiquette en noir et blanc indiquant le prix de la voiture et ses performances. En application d’une législation européenne de 1999, ils indiquent déjà au verso sa consommation de carburant et ses émissions de CO2.
Désormais, la partie de l’étiquette consacrée aux émissions de gaz carbonique sera en couleur et classera la voiture de A (vert) à G (rouge), sur le modèle de ce qui existe déjà pour l’électroménager.
Aux termes d’un arrêté interministériel en préparation, les concessionnaires auront jusqu’au 30 juin 2006 pour se conformer au nouvel étiquetage.
Mme Olin s’est félicitée que la Commission interministérielle Véhicules propres et économes (Civepe), qui assure le suivi du Plan, "ait réussi à se mettre d’accord" sur cette "mesure de sensibilisation forte".
Sur les 30 millions de voitures particulières circulant en 2004, deux millions étaient neuves et émettaient en moyenne 154 grammes de CO2 au km, selon les experts.
Dans son rapport annuel publié vendredi, la Civepe observe que 34% des voitures particulières immatriculées en 2004 auraient reçu l’étiquette jaune, correspondant à des rejets de CO2 compris entre 141 et 160 g/km.
Rappelant les mesures "climat" du Premier ministre Dominique de Villepin, Mme Olin a relevé notamment la "surtaxation de la carte grise", qui entrera en vigueur le 1er janvier pour les véhicules émettant plus de 200 grammes de CO2 au km.
Cette surtaxe est jugée sans grande efficacité par les spécialistes, selon lesquels elle représentera "moins du 1% du prix" des voitures concernées (4x4 et grosses berlines).
La ministre a regretté par ailleurs "le constat assez négatif" de la Civepe sur la part des véhicules propres de l’administration et des collectivités qui régresse (10% en 2004), au lieu de monter à 20% comme prescrit par la loi sur l’air de 1996.
Sur les biocarburants, elle a rappelé que M. de Villepin avait décidé d’anticiper les obligations européennes, qui prévoient pour 2010 d’incorporer 5,75% de carburants fabriqués avec des végétaux dans l’essence et le gazole. Le Premier ministre s’est fixé une part de 5,75% dès 2008, 7% en 2010 et 10% en 2015 (contre 1,14% en 2005).
Les cultures de biocarburants entrent en concurrence avec les cultures alimentaires et les filières incorporables dans l’essence (betterave, blé et maïs) sont en concurrence avec les filières gazole (colza, tournesol, soja), rappelle la Civepe dans son rapport.
Compte-tenu de la pénurie de terres disponibles et du parc automobile français (environ 70% de véhicules roulant au gazole), les filières gazole devront être privilégiées, explique-t-elle.
Et à partir de 10% d’incorporation de biocarburants, il faudra probablement faire appel à des matières premières végétales importées du Brésil ou d’Asie, dont le prix baissera avec la libéralisation attendue du commerce mondial.
PARIS, 28 oct 2005 (AFP)