
Communiqué de presse - Réseau Action Climat-France. Nairobi, le 17 novembre 2006
Nairobi : un pas en avant vers l’après 2012 !
Nairobi - Le Réseau Action Climat-France se félicite de l’issue positive de la conférence internationale sur les changements climatiques qui s’est tenue du 6 au 17 novembre à Nairobi (Kenya). Contrairement à l’idée reçue que cette rencontre n’aboutirait à aucune avancée, les décisions finales sur l’avenir du Protocole de Kyoto après 2012 vont dans le bon sens, même si certains points sont encore loin d’être à la hauteur des enjeux.
Concernant l’après 2012, le groupe de travail spécial chargé de définir les futurs engagements absolus de réduction d’émissions des pays de l’Annexe I s’est mis d’accord sur un programme de travail. Deux points seront a examiner : l’ampleur des réductions nécessaires à la stabilisation du climat et les voies pour y parvenir. « La nécessité de diviser par deux les émissions mondiales par rapport à leur niveau actuel est enfin officiellement reconnue, même si aucune date pour l’atteinte de cet objectif n’est posée, pas plus que les Parties n’ont pu se mettre d’accord sur une date butoir pour la fin de leur travaux », dit Morgane Créach, du Réseau Action Climat-France. Or, les scientifiques s’accordent sur le fait que la division par deux des émissions mondiales doit être atteinte d’ici 2050.
L’autre voie pour faire progresser les négociations sur l’après 2012 avait trait à l’examen du Protocole de Kyoto, tel que requis par son article 9. Le but de cet examen est de dresser un état des lieux du Protocole de Kyoto et de réviser celui-ci si besoin. C’est dans ce cadre que de nouveaux mécanismes pour financer l’adaptation ou des politiques de lutte contre la déforestation pourrait être instaurés. Des futures actions des pays en développement pour lutter contre les changements climatiques pourraient également trouver droit de cité dans cet examen. L’article 9 du Protocole prévoyait que cet examen devait intervenir à cette conférence mais le travail préparatoire n’a pas été effectué. Il a donc été décidé d’organiser un second examen en 2008.
L’ensemble des négociations sur l’après 2012 doit être finalisé fin 2008, fin 2009 au plus tard, compte tenu du nécessaire délai de ratification et afin d’assurer une continuité entre la première et la deuxième période d’ engagements du Protocole de Kyoto. « On ne peut se permettre de suspendre après 2012 la lutte contre le changement climatique. Non seulement pour l’environnement mais également pour le signal à donner aux investisseurs qui opèrent dans la sphère du marché du carbone », explique Benoit Faraco.
Des avancées notables ont eu lieu sur la question de l’adaptation, autre enjeu capital de cette Conférence organisée dans un pays qui souffre déjà gravement des effets du réchauffement. Il s’agissait avant tout d’aboutir à une décision permettant de rendre opérationnel le Fonds pour l’adaptation, les Parties n’ayant pu se mettre d’accord sur l’entité chargée de le gouverner. Le nœud portait sur la nomination du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) à ce poste en raison de la prédominance des Etats-Unis en son sein. A Nairobi, la décision adoptée est plutôt positive car les Parties ont voulu sortir de la querelle « FEM ou pas FEM » pour s’accorder en priorité sur les modalités et les critères de gouvernance du Fonds. Ainsi, seules les Parties au Protocole de Kyoto pourront siéger au sein de l’entité de gouvernance du fonds, ce qui exclut les Etats-Unis. Par ailleurs, cette entité sera composée majoritairement de pays en développement. « Toutefois, la désignation de l’entité de gouvernance du Fonds pour l’adaptation est reportée à la prochaine Conférence des Parties en 2007, ce qui retarde d’autant la mise en œuvre effective du Fonds malgré l’urgence de la situation », regrette Morgane Créach.
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