
Municipales : Le RAC se lance dans la campagne
L’Usine à GES, février 2008
L’association incite les futurs élus locaux à mettre le climat au cœur de leur politique. Une première au cours d’élections municipales.
Jamais en France, les changements climatiques n’ont été un thème au centre des campagnes électorales. A fortiori, lorsque le scrutin était municipal. Mais cela pourrait peut-être évoluer ? D’une part, parce que les Français sont de plus en plus nombreux à considérer le « réchauffement » comme une thématique sacrément préoccupante. Une récente étude de l’Ademe (lire page 8) indique même qu’il est le sujet environnemental numéro un pour 33% des sondés. Mais il ne suffit pas d’avoir des électeurs motivés pour que les élus agissent. Raison pour laquelle de nombreux militants associatifs portent la bonne parole climatique, sur les marchés, dans les écoles ou lors des (rares) débats publics sur la question. Raison pour laquelle, aussi, la branche française du Réseau action climat s’est décidée à entrer en campagne pour les élections du mois de mars.
Entre 15% et 25% des émissions françaises
Basée à Montreuil, l’association interpelle les présidents des 185 communautés urbaines et d’agglomération de France, les candidats dans la centaine de villes de plus de 50 000 habitants. Sans oublier les 45 patrons des parcs naturels régionaux. Certes, l’interpellation sera tout sauf spectaculaire. « Nous envoyons une brochure rappelant que les collectivités sont directement responsables de 15% des émissions françaises, voire de 25% si l’on intègre les effets indirects de leurs orientations en matière d’aménagement, de transports et qu’il existe des solutions pour réduire cet impact », explique Julien Berthier, le chargé de mission collectivité au sein du RAC. La solution, bien sûr, c’est de placer la lutte contre les changements climatiques au cœur de l’action communale. Plus concrètement, le RAC entend surtout faire entrer dans la caboche des milliers de candidats en lice que la réduction de l’empreinte carbone des collectivités est à la portée de toutes les équipes municipales. Mieux : cela peut servir d’élément fédérateur à l’ensemble d’une politique à conduire durant plusieurs mandatures. « Tout d’abord, nous souhaitons leur présenter la démarche du Plan climat énergie territorial (PCET). Leur montrer aussi que, comme à Chalon-sur-Saone ou à Paris, il est possible de mobiliser la population sur des thématiques climatiques. De rappeler que l’on peut aussi, comme à Lyon par exemple, conjuguer programmes de construction et réduction des émissions. Enfin, montrer qu’il n’y a pas de contradiction mais plutôt complémentarité entre une PCET et un Agenda 21 », rappelle l’ancien géographe. Bien sûr, le RAC n’a pas les moyens de forcer les futurs élus à initier l’élaboration d’un PCET. Plus simplement, il engage les actuels candidats à intégrer la réalisation d’un tel plan dans leur programme, afin de pouvoir réduire les émissions de GES de 3% par an. Le rythme considéré comme idéal pour atteindre le fameux facteur 4 à l’horizon 2050. Sur le site de l’association (www. rac-f.org), les internautes pourront vérifier quels ont été les engagements pris par les Politiques et, au fil des ans, vérifier s’ils ont tenu (ou non) leurs promesses électorales. Redoutable...
Par Volodia Opritchnik.