
Le Réseau Action Climat - France exprime son soulagement suite à la conclusion d’un accord à Marrakech sur l’application du Protocole de Kyoto. Le « groupe des quatre » (Australie, Canada, Japon, Russie) a pourtant failli faire échouer la négociation, à force de mauvaise foi et de tentatives pour revenir sur l’accord que ces pays avaient pourtant adopté à Bonn en juillet dernier. Qu’ils aient réclamé et obtenu encore plus de concessions, en particulier sur les conditions de participation aux mécanismes de flexibilité et les puits de carbone, est affligeant.
Le RAC-France rappelle toutefois que le Protocole de Kyoto, affaibli par l’accord de Bonn et encore une foi par les concessions faites au groupe des quatre à Marrakech, n’est qu’un minuscule premier pas dans la lutte contre le changement climatique. Cet accord revient approximativement à stabiliser les émissions des pays industrialisés (hors Etats-Unis) au lieu de les réduire de 5 % comme initialement prévu par le protocole, alors qu’il faudrait les réduire de 60 à 80 % à terme. De plus, cet accord autorise le démarrage rapide de plantations destinées à stocker le carbone dans les pays en développement, au risque d’y avoir des effets néfastes sur les populations, en particulier autochtones, la biodiversité ou encore la qualité des sols.
« Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) adopté à Kyoto risque de se transformer en une Machine de Déploiement des Plantations » regrette Arturo Madera, du RAC-France. Ce risque est d’autant plus important que les critères destinés à éviter ces effets pervers ne seront adoptés qu’en 2003, et que les règles de transparence et de consultation du public sont extrêmement faibles - encore plus que celles des institutions financières internationales. Aussi, le RAC-F appelle l’Union européenne, et en particulier la France, à ne pas utiliser le MDP pour des projets de plantation. « Nous invitons les pays européens, qui se sont battus depuis des années contre la prise en compte des puits dans le Protocole de Kyoto, à se montrer cohérents en refusant d’utiliser ces échappatoires » déclare Raphaëlle Gauthier, du RAC-France. Les associations appellent à ratifier le Protocole mais seront attentives à sa mise en œuvre, en particulier pour que les investissements menés au titre du MDP participent au développement durable des pays du Sud et n’aient pas d’effet négatif sur les populations et l’environnement local.