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Maigre bilan pour le plan climat
date 17 décembre 2005
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Maigre bilan pour le plan climat

Le plan climat a à peine plus d’un an, mais déjà il s’essouffle. Critiquée pour son manque d’ambition, l’action gouvernementale peine toujours à convaincre. Sans doute Dominique de Villepin en a-t-il conscience. Le premier ministre a déclaré, hier, vouloir passer « à la vitesse supérieure pour lutter contre le réchauffement climatique », devant plusieurs centaines de responsables politiques, associatifs, industriels et scientifiques, réunis pour une première réunion de suivi du plan.

- Toujours pas de malus pour les pollueurs

Le chef de gouvernement a décliné plusieurs propositions dans les secteurs des transports et du logement, mais n’a annoncé « rien de bien neuf », d’ après Olivier Louchard, du Réseau action climat (RAC-F).
Principale mesure : l’étiquetage des émissions de gaz carbonique (CO2), déclinées en sept classes, sera obligatoire avant le 1er juin 2006 pour les véhicules neufs. Un arrêté a d’ores et déjà été publié au Journal officiel, dimanche dernier.
Pas de quoi enthousiasmer les défenseurs du « bonus-malus » sur les véhicules pollueurs, abandonné par le gouvernement l’an dernier. « Cette mesure fiscale aurait pourtant eu un impact comportemental » sur l’achat de voitures propres, regrette Olivier Louchard, qui précise que seuls 8 % des véhicules neufs seront concernés par une taxe affectée à la carte grise.

« Par ailleurs, les cartes grises des véhicules à fort taux d’émission seront taxées davantage », a ajouté le chef de gouvernement, sans donner plus de précisions. Enfin, il a rappelé que l’État financerait un projet de recherche de voiture peu consommatrice de carburant, à hauteur de 100 millions d’euros. Des « micromesures » largement insuffisantes pour contrecarrer l’augmentation de 23 % des émissions de gaz à effet de serre du trafic routier entre 1990 et 2003.
Autre annonce du premier ministre : le tarif de rachat par EDF aux particuliers d’électricité solaire photovoltaïque sera augmenté de 50 %, et « doublé pour les installations collectives, tertiaires et industrielles ». Le kilowattheure devrait ainsi passer de 15 à 22,5 centimes d’euro pour les particuliers et à 30 centimes pour les installations collectives. Une annonce saluée par les industriels des énergies renouvelables. Suffira-t-elle à contenir l’augmentation de 14 % des émissions liées au secteur du bâtiment ?

- La France remplira-t-elle ses engagements ?

« En se contentant de "mesurettes", au lieu d’impulser les changements structurels nécessaires, le plan d’action gouvernemental n’a toujours ni cohérence ni ambition », regrette le Réseau action climat.
Les annonces de bonnes intentions voilent à peine le grignotage constant depuis trois ans du budget du ministère de l’Écologie, ainsi que les coupes sévères dans la cagnotte de l’Agence gouvernementale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Jacques Chirac, qui avait déclaré vouloir faire de la lutte contre réchauffement climatique une « priorité nationale », devra agir vite s’il veut que la France conserve son statut de bon élève du protocole de Kyoto. Une étude commandée par Greenpeace à une série de scientifiques de renom estime que l’Hexagone pourrait ne pas répondre aux objectifs du plan climat : diviser par quatre les émissions nationales de gaz à effet de serre d’ici 2050. Ce type de prévision régionale est risqué, non dénué d’inconnues, mais n’en demeure pas moins pertinent. Les scientifiques annoncent, sans surprise, des « vagues de chaleur estivales plus fréquentes, plus longues et plus intenses », des précipitations intenses hivernales en augmentation et des « périodes de sécheresse plus longues ». Face à cela, le plan climat pourrait bien vite être dépassé.

"l’Humanité" Vincent Defait
15 novembre 2005
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