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"Univers-nature" Pascal Farcy
05 septembre 2005
Lutte contre les gaz à effets de serre : la France en demi-teinte
"Univers-nature" Pascal Farcy
05 septembre 2005
date 15 novembre 2005
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Lutte contre les gaz à effets de serre : la France en demi-teinte
"Univers-nature" Pascal Farcy
05 septembre 2005
http://www.univers-nature.com/inf/i...

Lors de son discours de rentrée, le premier ministre a soufflé le chaud et le froid sur les questions d’énergie et de transport.

Concernant les transports, premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, une version allégée du bonus/malus de l’ancien ministre de l’écologie, s’ appliquera aux immatriculations des véhicules à compter du 1er janvier prochain. Seuls 8 % des véhicules (les plus consommateurs de carburants et polluants) verront leur carte grise augmenter de 2 € par gramme de CO2 émis au kilomètre à partir de 200 grammes et de 4 € à partir de 250 grammes.

Le bénéfice de cette taxation supplémentaire sera affecté à l’ADEME, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, pour financer des programmes d’économies d’énergie.

Néanmoins, le barème rehaussé de crédits d’impôts pour les kilomètres effectués en voiture sur les trajets domicile/travail rentre en complète contradiction avec la mesure précédente, car favorisant les déplacements journaliers en voiture plutôt qu’en transport en commun ou à vélo.

Par contre, l’incitation à l’achat d’une voiture propre est revue à la hausse, avec un crédit d’impôt renforcé à partir de janvier 2006 (2 000 euros au lieu de 1 525 actuellement).

Parallèlement à cette mesure, un programme de recherche, de 100 millions d’ euros, pour un véhicule sobre en carburant d’ici 5 ans, va être lancé. Les transports collectifs ne sont pas oubliés, ils bénéficieront de 100 millions d’euros pour le financement d’infrastructures et de 300 millions d’euros de prêts de la Caisse des dépôts. Enfin, pour clore cette partie transport, la réduction de la vitesse sur autoroute, à 115 km/h, semble définitivement abandonnée.

En matière de chauffage et d’isolation thermique des habitations, le crédit d’impôt est en hausse. Pour les matériaux d’isolation et les chaudières à condensation, il passera en janvier de 25% à 40 % (pour les logements antérieurs à 1977 et acquis depuis moins d’un an), tandis que les énergies renouvelables, comme les chauffe-eau solaires, verront leur crédit passer à 50 % au lieu de 40 % aujourd’hui.

Globalement ces annonces sont assez froidement reçues par les associations, la position de L. de Marez, de Greenpeace, résumant bien le sentiment général : "L’Etat ne pourra pas indéfiniment courir après le cours du baril, cette fuite en avant est irresponsable. Elle revient à refuser de faire les choix énergétiques qui s’imposent, les choix de société pour lesquels les Français sont quant à eux prêts".

De leur côté, concernant l’"aide à la cuve" annoncée par le gouvernement, le Réseau "action climat" et le Comité de Liaison Energies Renouvelables auraient préféré une mesure ciblée d’aide à la conversion vers un autre mode de chauffage, considérant cette annonce comme un "cadeau empoisonné que fait le gouvernement".

Si, sur le principe, cette approche apparaît plus logique, elle apparaît quelque peu extrémiste, une telle mutation ne pouvant se faire que sur plusieurs années. Par ailleurs, les foyers aux revenus modestes, comme les autres d’ailleurs, n’ont pas à supporter les conséquences du manque d’anticipation, vis-à-vis de la pénurie de pétrole qui s’annonce et de la flambée des cours qui l’accompagne, des différents gouvernements qui se sont succédé.

Au-delà de ces mesures, rappelons que la stabilisation du climat impose de diviser par quatre ou cinq les émissions de CO2 des pays industrialisés, en isolant systématiquement à un haut niveau l’ensemble des bâtiments existants et en réduisant massivement les émissions des transports (développement des transports en commun et réduction de la consommation des véhicules).