
Climat : les enjeux de la conférence de Buenos Aires
Une fois n’est pas coutume, la conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques pourrait produire quelques résultats. Tout d’abord, cette 10ème « COP », qui se tiendra à Buenos Aires du 6 au 17 décembre prochain, sera la dernière avant l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto, le 16 février 2005. « Il faudra d’ailleurs, à cette occasion, continuer d’affirmer le rôle du protocole de Kyoto comme instrument de la mise en œuvre de la convention »,a rappelé Paul Watkinson, le chef de la délégation française. Mais le plus important n’est peut-être pas là ? L’un des buts, plus ou moins avoués, de la conférence est de préparer l’après-2012. En clair, comment convaincre les pays en développement de participer plus activement à la lutte contre le changement climatique ? Or, ces derniers sont un peu échaudés par les promesses d’aides non tenues par les pays industrialisés et par les objectifs de Kyoto désormais hors d’atteinte. « Nous devons leur apporter des preuves que nous nous orientons vers l’atteinte des objectifs de Kyoto »,confirme le négociateur.
Pour ce faire, l’Union européenne va présenter sa politique climatique sur un grand stand. Dans ce cadre, la France cherchera de nouveaux clients pour Seringas, le logiciel de tenue du registre de quotas d’émissions. Autre argument, sans doute plus motivant, le lancement d’un nouveau fonds spécial international, chargé de financer les actions d’adaptation au changement climatique dans les pays du sud. Effrayés à l’idée de voir leurs clients réduire, à terme, leurs importations de brut, les pays de l’OPEP pourraient se voir proposer des projets MDP (pour financer leur équipement en ENR, notamment), en compensation d’un changement d’attitude. Raison pour laquelle l’Algérie et l’Indonésie devraient annoncer leur ratification du protocole à Buenos Aires. Si la COP pourrait donc aboutir au lancement, l’an prochain, d’un fructueux dialogue avec les pays en développement, elle masquera d’autres ambitions. Jeudi, par la voix de Pierre Sellal, son ambassadeur auprès de l’Union européenne, la France a rappelé qu’elle entendait faire accepter l’énergie nucléaire comme une technologie susceptible d’être financée par le mécanisme de développement propre, après 2012. L’EPR contre l’effet de serre ?
ENERPRESSE N° 8709, LUNDI 29 NOVEMBRE 2004