
Les Pays-Bas aident le Brésil à dépolluer l’Argentine Buenos Aires
Avec la Chine et l’Inde, le Brésil fait partie des pays émergents sur la sellette alors que se poursuivent à Buenos Aires les négociations de l’ONU sur l’avenir du protocole de Kyoto.
Sixième plus gros pollueur de la planète, avec 310 millions de tonnes de CO2 émises en 2002 (3% des émissions mondiales), le Brésil est pourtant exonéré, jusqu’en 2012, de toute obligation contraignante de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Mais les pays industrialisés voudraient tout de même le mettre à contribution. Voilà pourquoi le Brésil, avec la Chine, a été prompt à présenter sa « communication nationale », c’est-à-dire son plan volontaire de réduction d’émissions.
Il est aussi le premier pays en développement à avoir fait valider par l’ONU un projet novateur de coopération Nord-Sud baptisé « mécanisme de développement propre ». Il s’agit d’offrir de la flexibilité aux pays industrialisés qui cherchent à atteindre leurs objectifs chiffrés de réductions de rejets polluants. L’idée est que la pollution ignorant les frontières, un pays aura parfois intérêt à aider un pays en développement à réduire ses émissions, plutôt que de prendre les mesures sur son propre territoire national.
Un projet pionnier consiste à capter les émissions de méthane provenant de la décharge municipale de Nova Iguaçu, une ville de deux millions d’habitants située dans la banlieue de Rio de Janeiro. L’opération associe l’État néerlandais, la Banque mondiale, la société privée brésilienne Paulista - qui gère les déchets de cette municipalité -, ainsi que le cabinet de conseil EcoSecurities.
Tout en générant une capacité électrique de 12 MW, grâce à la production de biogaz, l’opération devrait permettre d’éviter des rejets de méthane, un des six gaz à effet de serre jugés responsables du changement climatique à hauteur de 14 millions de tonnes d’équivalents CO2 sur 21 ans. Soit 14 millions de tonnes de crédits d’émissions attribués à l’investisseur, EcoSecurities. « Nous les avons déjà revendus à l’État néerlandais au prix de 3,35 euros la tonne de CO2 », explique Pedro Moura Costa, directeur général du cabinet.
Les Pays-Bas, dont les émissions ont augmenté de 13,2% entre 1990 et 2002 alors qu’ils se sont engagés à les réduire de 6% d’ici à 2012, ont déjà investi 600 millions d’euros dans l’achat de crédits d’émission pour parvenir à tenir leurs engagements.
On s’étonnera seulement que ce projet réalisé au Brésil ne concerne pas l’Amazonie. Après tout, les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre du pays proviennent des feux de forêts dévastant le « poumon de la planète ». Le Brésil pollue certes dix fois moins que la Chine et trois fois moins que l’Inde, mais ses rejets polluants ont enflé de 60% depuis 1990.
Ce qui n’empêche pas Eveirton Veira Vargas, directeur général du département environnement au ministère brésilien des Affaires étrangères, de confier au Figaro que « le Brésil ne prendra pas d’engagements de réduction de ses émissions »...
Le Figaro, Caroline de Malet, le 16.12.04
http://www.ecosecurities.com/200abo... (FIRST CDM PROJECT REGISTERED IN THE UNFCCC 18/11/2004)
http://cdm.unfccc.int/Projects/regi... (This interface will provide
information on CDM project activities that have been registered by the CDM
Executive Board)
http://www.cdmguide.com/ (Welcome to The SouthSouthNorth Clean Development Mechanism Practitioners’ Practical Toolkit)