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Les ONG dénoncent la faiblesse des déclarations françaises
date 3 septembre 2002
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Elles dénoncent les « faiblesses » des propositions officielles L’insatisfaction des ONG

Johannesburg : Caroline Dumay [03 septembre 2002]

« Un discours assez lyrique, pavé de bonnes intentions, mais qui intervient un peu tard dans la négociation », telle est la réaction au discours de Jacques Chirac émanant du Collectif des organisations non gouvernementales (ONG) françaises présent au Sommet de la Terre. Le Collectif, qui représente 120 associations françaises, relève les « faiblesses du discours » du chef d’État français.

« Le président français n’a pas parlé ni des subventions agricoles, ni des engagements en matière d’énergies renouvelables, ni d’un cadre juridique

contraignant en matière d’environnement, ni même de respect des droits de l’homme, autant de conditions au développement durable », fait remarquer Yveline Nicolas. La porte-parole du Collectif reconnaît que « certaines idées comme le prélèvement de solidarité sur les richesses engendrées par la globalisation constituent pour le Collectif des avancées », mais se demande « comment l’Organisation mondiale de l’environnement peut fonctionner si l’interprétation des textes de l’Organisation mondiale du commerce n’est pas remise en cause ». En parallèle au Sommet mondial du développement durable, le Collectif Jo’burg 2002 avait rejoint les marches organisées samedi dernier, et en particulier à celle des Sans Terre et de l’Indaba (mouvement social) partant de l’un des townships les plus pauvres pour rejoindre le luxueux Centre de Conférence où se déroule le SMDD. Ses membres protestent depuis le début du sommet contre de nombreuses « aberrations logistiques » comme l’éloignement des lieux, en particulier celui destiné aux ONG. Le Global Forum de Nasrec est à 50 km du Centre de conférence où se déroulent les négociations. La carte de transport et des droits d’entrée (130 euros) sont très élevés. Le Collectif critique également la difficulté d’accès au Centre de conférence qui ne peut accueillir que 6 000 participants pour 23 000 accréditations. « Les trois quarts de notre boulot consistent à nouer des contacts pour l’avenir. Nous nouons un dialogue fructueux avec divers réseaux sud-africains et internationaux déçus du déroulement du Sommet », ajoute Yveline Nicolas.

L’usage exclusif de la langue anglaise lors des négociations et l’absence de traduction dans la plupart des forums constituent pourtant un problème majeur pour les nombreuses ONG francophones. Les ONG ouest-africaines, en particulier, estiment que cela les empêche de faire valoir leurs vues. Face à ces constats les associations sont quand même décidées à se faire entendre. L’Association pour un contrat mondial de l’eau (ACME) a quitté le

Water Dome, lieu d’exposition d’une centaine de participants spécialisé dans le domaine de l’eau, estimant que le lieu a été investi par des leaders mondiaux en compétition dans le domaine de l’eau, qu’il est peu fréquenté par le public et que les associations y sont faiblement représentées. « Le village Ubuntu est plus une vitrine commerciale des États, des entreprises et des collectivités locales qu’un lieu de rencontres et de suggestions », précise à ce propos Évelyne Nicolas.

Dans un communiqué, « le Collectif rappelle que l’accès à l’information et la participation citoyenne aux processus d’élaboration et de mise en ouvre des politiques sont des conditions nécessaires du développement durable ». Ces principes, affirmés dans la déclaration de RIO, et rappelés à plusieurs reprises dans le programme d’action en cours de négociation sont trop souvent malmenés lors de ce Sommet.