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Accueil du site > Politiques et mesures > Négociations internationales > Archives > Sommet de la Terre à Johannesburg (2002) > Le climat absent du sommet alors que les intempéries s’abattent sur la planète
Le climat absent du sommet alors que les intempéries s’abattent sur la planète
date 28 août 2002
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Pluies diluviennes et inondations menacent des millions de personnes en Asie et en Inde, où sévit aussi la pire sècheresse depuis 15 ans, mais le climat est à peine mentionné dans les discussions du sommet de la Terre, afin de ne pas raviver la querelle entre Européens et Américains.

"Pour être honnête, une des raisons pour lesquelles le climat a été laissé de côté tient aux divergences entre les Etats-Unis et l’Europe sur la ratification du protocole de Kyoto", a expliqué mardi Robert Watson, expert sur le climat à la Banque mondiale, en marge d’une conférence de presse.

"On a écarté le dossier du climat des discussions pour tenter de favoriser la venue au Sommet du président américain George Bush, et d’une représentation américaine de haut niveau", a-t-il ajouté. Le dossier devra attendre fin octobre, date de la prochaine conférence Climat à New Delhi.

Le président George Bush a déjà indiqué qu’il ne viendrait pas la semaine prochaine pour la réunion au plus haut niveau du sommet de la Terre, à laquelle 104 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus. Les Etats-Unis seront représentés par le secrétaire d’Etat Colin Powell.

Le président américain a dénoncé en mars dernier le protocole de Kyoto, qui engage les pays développés à réduire de 5,2% leurs émissions d’ici 2008-2012, arguant que son coût était trop élevé pour l’économie américaine. Les Etats-Unis sont le premier pollueur mondial, avec un quart des émissions, et leur départ enlève beaucoup d’efficacité au protocole.

A Johannesburg, les 189 pays réunis jusqu’au 4 septembre doivent approuver un "plan d’action", pour tenter de concilier croissance, réduction de la pauvreté et environnement. Quelques paragraphes à peine sur les 153 du plan d’action sont consacrés au climat. La référence au protocole de Kyoto fait toujours problème, tout comme l’aide à apporter aux pays africains pour les aider à s’adapter au changement climatique.

Pourtant, selon Robert Watson, la communauté scientifique a établi avec certitude que le climat change, pour une grande part à cause des activités humaines émettrices de gaz à effet de serre.

M. Watson a présidé pendant des années l’IPCC, le groupe de 2.000 scientifiques qui travaille sur le climat sous l’égide de l’ONU.

Selon lui, les événements climatiques extrêmement violents de ces dernieres semaines "ne peuvent individuellement être attribués avec certitude au changement climatique", mais "tous les modèles montrent une fréquence accrue de ce type de catastrophes à l’avenir".

Ces dernières semaines, des inondations exceptionnelles en Allemagne et en Europe de l’Est ont fait plusieurs dizaines de morts, plus de 600.000 personnes ont du être évacuées près de lac Dongting en Chine centrale, alors qu’en Inde "une moitié du pays est la proie d’inondations et l’autre moitié d’une sécheresse intense", selon M. Watson.

La sècheresse indienne, considérée comme la plus grave depuis 15 ans, aura un impact sur la croissance, estiment les experts indiens.

"Un changement mineur dans le climat peut avoir un impact profond sur la productivité agricole", met en garde l’expert de la Banque mondiale. "Selon les modèles climatiques, la productivité agricole sera affectée dès 2020 dans toute l’Afrique, l’Amérique latine, le Moyen Orient et l’Inde", ajoute-t-il." "On pourrait même observer une baisse de productivité en 2020 aux Etats-Unis", selon lui.

Selon les scientifiques, une réduction de 70% au moins des émissions serait nécessaire pour seulement stabiliser les concentrations de gaz carbonique dans l’atmosphère, compte tenu de la durée de vie du CO2, de l’ordre de plusieurs centaines d’années.