
Diffusé par le Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais
11 août 2004
La politique du gouvernement Bush relative aux changements climatiques
Spencer Abraham - Ministre de l’énergie des Etats-Unis
En tant qu’Etat signataire de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, les Etats-Unis ont le même objectif que de nombreux pays, à savoir stabiliser les concentrations des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui permet d’éviter des effets dangereux pour le système climatique. La réalisation de cet objectif exigera un engagement de longue haleine et la collaboration de tous les pays.
La politique du président Bush relative aux changements climatiques fait appel au secteur privé, tire parti des innovations techniques, maintient la croissance économique et encourage la participation des autres pays. Si les changements climatiques constituent un phénomène complexe et de longue durée, le gouvernement Bush reconnaît qu’il existe des mesures rentables que l’on peut prendre dès maintenant.
Les mesures pour l’avenir immédiat
En 2002, le président Bush a fixé un objectif national qui consiste à réduire de 18 % d’ici à 2012 l’intensité (1) des émissions de gaz à effet de serre de l’économie américaine. Cet objectif place les Etats-Unis sur la voie du ralentissement de l’augmentation de ces émissions et - au fur et à mesure que les données scientifiques le justifieront et que les techniques le permettront - sur celle de l’arrêt de cette augmentation et du recul des émissions selon les critères établis pour remplir l’objectif de la Convention-cadre des Nations unies (2). Notre politique porte sur la réduction des émissions tout en maintenant la croissance économique nécessaire pour financer des investissements dans les nouvelles technologies non polluantes. Le gouvernement estime que son engagement permettra de réduire les émissions de 100 millions de tonnes d’équivalent carbone en 2012 et de plus de 500 millions de tonnes d’équivalent carbone au cours d’une période de dix ans (3).
A cet effet, le gouvernement a élaboré tout un ensemble de mesures, notamment des avantages fiscaux et des programmes d’application facultative. Par exemple, nos programmes "Climate VISION" (4), "Climate Leaders" (5) et "SmartWay Transport Partnership" (6) prévoient la collaboration avec le secteur privé en vue d’une réduction facultative des émissions. Le ministère de l’agriculture se sert de ses programmes de conservation pour encourager les mesures qui accroissent la séquestration du carbone (7). Nous nous intéressons à de nombreuses sources d’énergie qui émettent comparativement peu de gaz carbonique, voire pas du tout, telles que les énergies solaire, éolienne, géothermique, la biomasse et la combinaison chaleur et électricité. Le président a proposé des crédits d’impôt s’élevant à plus de 4 milliards de dollars pour encourager ces formes d’énergie et des technologies à fort rendement énergétique au cours des cinq prochaines années (3). L’an dernier, le gouvernement Bush a modifié les normes de consommation d’essence pour les nouvelles camionnettes et les nouveaux véhicules 4 x 4 pour que la consommation de ces véhicules diminue de 1,57 litre aux 100 km au cours des trois prochaines années, ce qui permettrait de réduire les émissions de gaz carbonique de 9,4 millions de tonnes d’équivalent carbone (8).
Tout en cherchant à réduire l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre à court terme, les Etats-Unis posent des fondements scientifiques et techniques solides de manière à diminuer les incertitudes, à clarifier les risques et les avantages et à élaborer des solutions réalistes pour remplir l’objectif de la convention cadre.
Faire progresser la science des changements climatiques
En 2001, le président Bush a chargé le Conseil national de la recherche d’examiner l’état de nos connaissances et de notre compréhension des changements climatiques. Le rapport du Conseil national de la recherche (9) indique clairement qu’il existe encore d’importantes lacunes en ce qui concerne notre capacité à mesurer l’incidence des effets à gaz de serre sur le système climatique. Il est nécessaire de faire des progrès importants pour ce qui est de la compréhension et de la modélisation des facteurs qui influencent la concentration dans l’atmosphère des gaz à effet de serre et des aérosols, ainsi que des phénomènes de rétroaction qui ont un effet sur la sensibilité du climat, pour prévoir avec plus de confiance les futurs changements climatiques.
L’été dernier, les responsables du "Climate Change Science Program" (CCSP) ont rendu public un nouveau plan stratégique destiné à combler ces lacunes (10). Ce plan vise à réaliser 5 objectifs : (a) améliorer notre connaissance de l’histoire et de la variabilité des climats ; (b) améliorer notre capacité à quantifier les facteurs qui ont une influence sur les climats ; (c) réduire l’incertitude dans les projections climatiques ; (d) améliorer notre compréhension de la sensibilité et de l’adaptabilité des écosystèmes et des systèmes humains aux changements climatiques ; (e) étudier les possibilités de gestion des risques. Tous les ans, l’Etat fédéral consacre près de 2 milliards de dollars à l’étude des changements climatiques.
Une récente évaluation du CCSP par le Conseil national de la recherche montre que le gouvernement est sur la bonne voie. Si d’aucuns ont exprimé des inquiétudes au sujet du financement futur de l’exécution du plan, le Conseil national de la recherche a conclu que le CCSP articulait "une vision éclairée, qu’il était suffisamment ambitieux, et qu’il avait une vaste portée" (11).
Le rapport du Conseil national de la recherche a également révélé la nécessité de la mise en place d’un vaste système mondial d’observation pour faciliter la mesure des variations climatiques. En juin dernier, les Etats-Unis ont accueilli plus de 30 pays à l’occasion du premier Sommet "Observation de la Terre", qui a débouché sur l’engagement de créer un système intergouvernemental, global, coordonné et durable d’observation de la Terre. Les données rassemblées par le système serviront à créer de meilleurs modèles climatiques, à améliorer nos connaissances du comportement du gaz carbonique et des aérosols dans l’atmosphère, et à mettre au point des stratégies de séquestration du carbone.
Accélérer la mise au point les technologies du changement climatique
Le gouvernement Bush avance également sur le plan de la conception de solutions technologiques susceptibles de réduire considérablement, d’éviter ou de séquestrer les futures émissions de gaz à effet de serre (GES). Près de 80 % des actuelles émissions de GES sont liées à la production l’énergie et, même si les prévisions varient considérablement, le triplement de la demande d’énergie d’ici à 2100 n’est pas inconcevable (12). Conséquemment, afin de fournir l’énergie nécessaire au soutien de la croissance économique tout en réduisant les émissions de GES, nous serons sans doute amenés à concevoir et déployer des technologies efficientes qui modifieront la façon dont nous produisons et utilisons l’énergie.
Afin d’atteindre l’objectif de la Convention-cadre, d’ici à 2100, plus de la moitié de l’énergie utilisée dans le monde devra être produite par des technologies à émission de GES faible, voire nulle (13). Le rythme et l’ampleur des changements requis dépendront en partie des tendances futures enregistrées au niveau des émissions de GES qui, comme les variations climatiques, sont incertaines. Les relations complexes entre la croissance démographique, le développement économique, la demande d’énergie, la disponibilité de ressources, la technologie et d’autres facteurs rendent impossible toute prévision précise des futures émissions de GES.
Le Climate Change Technology Program (CCTP, Progamme de technologies du changement climatique), a été créé afin de coordonner et de trier par ordre de priorité les quelque 3 milliards de dollars d’investissements que le gouvernement consacre chaque année à la recherche, à la mise au point, à la démonstration et au déploiement de technologies liées au climat. Le CCTP évalue, au moyen de divers outils analytiques, les différentes options technologiques et leurs éventuelles contributions à la réduction des émissions de GES. Etant donné le niveau élevé de capitaux actuellement investis dans nos systèmes de production énergétique, il faudra sans doute des décennies pour transformer complètement notre système mondial de production et d’utilisation de l’énergie. Toutefois, un effort soutenu au niveau de la recherche et du développement peut hâter la disponibilité des techniques de pointe et accélérer la modernisation de l’infrastructure à moindre coût et avec plus de souplesse.
La stratégie du CCTP comprend six objectifs complémentaires : (i) réduction des émissions résultant de l’infrastructure et de l’utilisation de l’énergie ; (ii) réduction des émissions résultant de la production d’énergie ; (iii) piégeage et séquestration du gaz carbonique ; (iv) réduction d’émissions d’autres GES ; (v) mesure et observation des émissions ; et (vi) renforcement des contributions des sciences fondamentales (14).
Dix agences fédérales appuient tout un éventail d’activités dans ce cadre. Chaque année, plus de 700 millions de dollars sont consacrés à la mise au point de technologies énergétiques efficaces, et plus de 200 millions de dollars aux énergies renouvelables. De nombreuses activités s’appuient sur les travaux en cours, mais le gouvernement Bush a également étendu et réorganisé certaines activités et pris des initiatives dans des domaines technologiques clés à l’appui des objectifs du CCTP.
Dans son discours de 2003 sur l’état de l’Union, le président Bush a pris un engagement envers le développement d’une économie de l’hydrogène, promettant de consacrer 1,7 milliard de dollars sur cinq ans à son "Hydrogen Fuel Initiative" et à son "Freedom-CAR Partnership" qui ont pour objectif la mise au point de véhicules fonctionnant à l’hydrogène. Le passage à l’hydrogène comme principale source d’énergie au cours des décennies à venir pourrait transformer le système énergétique du pays et créer des possibilités de renforcement de la sécurité énergétique en entraînant une meilleure utilisation des sources nationales d’énergie pour la production d’hydrogène et en réduisant les émissions de polluants atmosphériques et de gaz carbonique (15). Lorsque l’hydrogène est produit à partir de combustibles fossiles, nous devons également nous pencher sur le problème du piégeage et de la séquestration du carbone.
Afin d’aider à coordonner et d’influencer les travaux en cours à l’étranger, les Etats-Unis ont dirigé les efforts de création du Partenariat international pour l’économie de l’hydrogène. Ce partenariat se penchera sur les obstacles techniques, financiers et institutionnels au développement de l’économie de l’hydrogène et concevra des normes internationalement reconnues pour accélérer la pénétration commerciale des nouvelles technologies.
Le gouvernement s’intéresse aussi à l’énergie nucléaire de la prochaine génération en tant que source possible d’énergie propre. Le Forum international Génération IV, avec neuf autres nations partenaires, travaille à la mise au point d’un réacteur sûr, économique, fiable et capable de produire de nouvelles énergies, notamment de l’hydrogène. Six techniques prometteuses ont été choisies qui pourraient être incorporées à de nouveaux mécanismes et être prêtes d’ici à 2015. En 2003, le président Bush a annoncé que les Etats-Unis s’associeraient au projet de réacteur expérimental thermonucléaire international pour pouvoir mettre à profit la fusion en tant que source d’énergie. Si les obstacles sont importants au plan technique, la promesse que représente la fusion est trop importante pour qu’on l’ignore.
La capture et la séquestration du carbone constituent un élément central de la stratégie sur laquelle repose le CCTP (Climate Change Technology Project) car, dans un avenir prévisible, les combustibles fossiles continueront d’être les formes d’énergie les plus fiables et les moins chères. Il n’est guère réaliste de compter que les pays, notamment les pays en développement, qui possèdent de vastes réserves de combustibles fossiles vont renoncer à leur utilisation. Une approche réaliste consiste à trouver les moyens de capturer et de retenir le gaz carbonique produit lors de la combustion de ces combustibles.
Le ministère de l’énergie travaille actuellement à 65 projets de séquestration (du gaz carbonique) répartis aux quatre coins des Etats-Unis. Au cours des deux dernières années, nous avons augmenté le budget consacré à ces activités de 23 % et il atteint aujourd’hui 49 millions de dollars. Une initiative présidentielle lancée en juin 2003 avec 16 partenaires, le "Carbon Sequestration Leadership Forum", mettra en place le cadre d’une collaboration internationale en matière de technologies de séquestration.
Les partenaires de ce forum peuvent participer au projet FutureGen, une initiative portant sur 1 milliard de dollars reposant sur la coopération entre le gouvernement et l’industrie afin de mettre au point, construire, et faire fonctionner la première centrale électrique au charbon ne produisant pas d’émission. Ce projet, qui tient compte de nombre des objectifs stratégiques du CCTP, aura recours aux techniques les plus modernes afin de générer de l’électricité, produire de l’hydrogène et piéger le gaz carbonique (issu de la combustion) du charbon. Grâce à cette recherche, une énergie propre provenant du charbon pourra encore faire partie des choix énergétiques pendant de nombreuses années.
Ces initiatives et d’autres technologies considérées dans le cadre du CCTP pourraient révolutionner les systèmes énergétiques et nous mettre sur la voie qui conduira à l’accès à des sources d’énergie propres et de prix raisonnable tout en réduisant de façon spectaculaire les émissions de gaz à effet de serre.
Le gouvernement Bush a élaboré une stratégie générale en ce qui concerne les changements climatiques qui repose sur la science, met l’accent sur l’innovation et les solutions technologiques et encourage une collaboration internationale afin d’appuyer les objectifs de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Bien que les défis scientifiques et technologiques soient considérables, le président reste attaché à jouer un rôle de premier plan dans le domaine des changements climatiques aux Etats-Unis et aux quatre coins du monde.
Références et notes :
1. Emissions de gaz à effet de serre par rapport au PIB.
2. Voir www.whitehouse.gov/news/releases/20....
3. Politique en matière de changements climatiques : une nouvelle approche (La Maison-Blanche, Washington, DC, 14 février 2002) ; site internet : www.whitehouse.gov/news/releases/20....
4. Voir www.climatevision.gov.
5. Voir www.epa.gov/climateleaders.
6. Voir www.epa.gov/smartway.
7. Voir www.usda.gov/news/releases/2003/06/....
8. National Highway Traffic Safety Administration, Final Environmental - Assessment : National Highway Traffic Safety Administration Corporate Average Fuel Economy (CAFE) Standards (NHTSA,Washington, DC 2003) ; site internet : www.nhtsa.dot.gov/cars/rules/cafe/d....
9. National Research Council, Climate Change Science : An Analysis of Some Key Questions, Committee on the Science of Climate Change (National Academy Press, Washington, DC, 2001), pp. 20-21.
10. CCSP, Strategic Plan for the U.S. Climate Change Science Program (CCSP, Washington, DC, July 2003) ; site internet : climatescience.gov.
11. National Research Council, Implementing Climate and Global Change Research : A Review of the Final U.S. Climate Change Science Program Strategic Plan (National Academies Press, Washington, DC, 2004), p. 1.
12. Intergovernmental Panel on Climate Change, "An overview of the scenario literature," Emissions Scenarios (Cambridge Univ. Press, Cambridge, 2000).
13. Voir, par exemple, K. Caldeira, A. K. Jain, M. I. Hoffert, Science 299, 2052 (2003).
14. CCTP, U.S. Climate Change Technology Program Draft Strategic Plan : Vision and Framework (CCTP, Washington, DC, en préparation) ; voir : www.climatetechnology.gov.
15. National Research Council, The Hydrogen Economy : Opportunities, Costs, Barriers, and R&D Needs (National Academies, Washington, DC, 2004).
16. CCTP, Research and Current Activities (CCTP, Washington, DC, 2003) ; site internet : www.climatetechnology.gov.
(Diffusé par le Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)