
Pour la première fois dans l’histoire des négociations internationales, un pays industrialisé est félicité par les ONG. La France doit cette distinction à sa position ferme et courageuse sur la comptabilisation des émissions de GES issues des exploitations forestières.
Une prestigieuse récompense
Au cours de la cérémonie de remise des prix Fossile du Jour, la France s’est vue décerner le deuxième Rayon du Jour de tous les temps (hier Tuvalu avait remporté le tout premier) pour avoir adopté une position radicale et courageuse sur la question de l’Utilisation des Sols, le Changement d’Affectation des Sols et la Foresterie (LULUCF en VO).
La France, à la différence des grands pays forestiers d’Europe tels la Suède, l’Autriche et la Finlande s’est clairement positionnée, lors du Conseil européen en cours à Bruxelles, pour une comptabilisation stricte des émissions issues des forêts. Comme pour les autres secteurs, la France défend 1990 comme année de référence des émissions.
Malgré sa complexité, le LULUCF est au cœur des débats à Copenhague. Il est l’une des fameuses échappatoires : des défauts dans les règles qui dégradent considérablement les objectifs de réduction d’émissions. Au dernier décompte, l’objectif de réduction actuel situé entre 13 et 19% tomberait à 3 ou 4%, soit au mieux un statu quo vis-à-vis des engagements de Kyoto. Pour parvenir à un accord final à la hauteur, les Etats doivent faire preuve de courage mais aussi de sincérité.
On ne triche pas avec le climat.
De nombreux efforts restent à fournir
Le Réseau Action Climat a tenu à féliciter les efforts de la France sur ce sujet précis, mais reste très attentif à tous les sujets d’importance majeure pour lesquels il est urgent et essentiel de prendre des engagements.
La France, si elle souhaite être leader dans l’engagement pour la protection de l’environnement et la limitation du réchauffement climatique doit sortir du bois, prendre des engagements audacieux et entrainer avec elles les pays dubitatifs ou inquiets.
Nous attendons des engagements précis, notamment sur :
une réduction des gaz à effet de serre de 40% en 2020 par rapport au niveau de 1990
un financement pour l’adaptation des pays les plus vulnérables et la réduction progressive de leurs émissions de gaz à effet de serre sur la base d’une enveloppe totale de 140 milliards par an. Ce financement doit être additionnel à l’Aide Publique au Développement.
Pas de temps à perdre ! Nicolas Sarkozy doit prendre les responsabilités d’un chef d’État en poste à l’époque où les changements climatiques nous imposent une réaction forte.
Les responsables politiques présents à Copenhague pendant ces deux semaines seront jugés par l’histoire. Pour avoir profondément modifié notre manière d’évoluer et de considérer notre environnement, ou pour n’avoir osé.