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Impacts et risques en France
date 25 août 2004
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Impacts en France

- Source : MIES

L’impact en zone de montagne

L’impact du changement climatique aurait un caractère particulier en zone de montagne. Dans les Alpes occidentales, l’élévation de température pourrait être plus forte que la hausse moyenne prévue pour la France. L’évolution des glaciers et du permafrost montre une tendance récente au réchauffement en dehors des marges de variation naturelle de l’holo-cène. La réduction de la couverture neigeuse accroîtra la sécheresse estivale et le risque d’incendies. L’accroissement de la moyenne des précipitations et l’augmentation des précipitations de forte intensité d’une part, la déstabilisation des pentes liée à une dégradation du permafrost d’autre part, devraient accroître les risques de glissements de terrain, de flux de boue, de chutes de rochers. La flore alpine serait affectée de manière complexe. En se plaçant dans l’hypothèse d’une possibilité de migration en altitude en réponse à l’élévation de température, les plantes d’étages alpin et nival verraient leur aire réduite, alors que ce sont ces étages qui contiennent la majeure partie des endémiques de la flore alpine. L’évolution pourrait être plutôt favorable pour les forêts de mélèzes les plus élevées en altitude et défavorable à celles des Alpes méditerranéennes.

L’impact sur le tourisme

L’évolution du climat ne peut manquer d’influer sur l’industrie française du tourisme. Toutefois, la prévision de cet impact se heurte à l’imprécision des scénarios d’évolution du climat, mais aussi à l’ignorance de l’évolution des attentes des touristes. Néanmoins, on peut envisager comme exigences minimales, la sécu-rité, la régularité de l’ensoleillement, la faible fréquence des précipitations diurnes, le confort thermique et hydrique (sécheresse de l’air), l’absence de risque pour la santé. L’attractivité estivale de la façade ouest pourrait augmenter ainsi que celle des régions de moyenne montagne ; l’attractivité de la côte méditerranéenne française pourrait ne pas se dégrader, surtout si on la compare à la côte espagnole déjà plus chaude. La saison hivernale des zones côtières ne devrait pas être favorisée par l’évolution climatique. Ce seront peut-être des villes importantes ou des espaces de loisirs artificiels qui pourraient voir leur fréquentation s’accentuer en hiver. La coupure entre destinations pour une clientèle apte à supporter les excès climatiques et une clientèle plus âgée et fragile pourrait s’approfondir. L’évolution climatique pourrait poser d’autres problèmes aux sites touristiques comme le manque de ressources en eau, la disparition des plages de sable, la diminution de l’enneigement, les freins mis au développement des transports.

L’impact sur la santé

La prévision de l’impact du changement de climat sur la santé nécessite un certain nombre de spéculations. On peut néanmoins supposer que les saisons 3 normales 2 du milieu du XXIe siècle reproduiront sensiblement les saisons anormalement chaudes déjà observées et en tirer des enseignements quant à l’impact sur la santé de conditions climatiques nouvelles. Cet impact sera plus important sur les sujets déjà sensibles pour d’autres raisons, notamment les personnes âgées et les malades chroniques. Le changement climatique devrait avoir une influence sur la répartition de la mortalité entre les saisons. On peut s’attendre à une certaine diminution de la mortalité en hiver et à une assez franche surmortalité en été. La répartition géographique de ces changements ne serait pas homogène sur le territoire. Des prévisions plus précises nécessiteraient une meilleure connaissance de la répartition journalière des températures et de leur répartition annuelle : y aura-t-il par exemple une augmentation des fortes chaleurs de fin de printemps ? Les pathologies les plus susceptibles de contribuer à un excès de mortalité, suite au changement du climat, sont les maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires. Mais d’autres pathologies sont susceptibles de voir leur occurrence augmenter : les maladies de l’appareil respiratoire, en relation avec l’évolution de la qualité de l’air, les lithiases, les naissances prématurées, les troubles psychiques. Parmi les effets indirects, on peut prévoir l’augmentation du risque d’intoxications alimentaires et de contamination par les systèmes de climatisation. Le changement de climat étant propice pour nombre de vecteurs de maladies (tiques, moustiques, phlébotomes), on peut s’attendre à leur extension géographique, à l’allongement de leur longévité et à un raccourcissement de la durée du développement de l’agent infectieux chez le vecteur. Le risque de développement des maladies à vecteur tant en métropole que dans les DOM-TOM augmentera donc. Il sera important de mettre en place un dispositif de surveillance épidémiologique et entomologique. La prévision de l’impact sur la santé du changement climatique s’avère un exercice d’une grande difficulté. Des effets bénéfiques pourront coexister avec les effets négatifs. Il faut enfin souligner les marges d’incertitude qui existent sur les données climatiques futures et l’importance de la prise en compte des cofacteurs.

http://www.agora21.org/mies/chan-cl...


Risques : LA FRANCE EST-ELLE EGALEMENT MENACEE ?

- Source : RAC-F

Depuis des milliers d’années, la France bénéficie d’un climat doux et tempéré qui a contribué à la constitution de son patrimoine naturel actuel et de son développement économique. Le réchauffement climatique annoncé menace de remettre en cause cette richesse.

Selon les scientifiques, un réchauffement moyen de +2°C au cours de ce siècle conduira à un affaiblissement du caractère tempéré du climat français : les hivers plus humides et les étés plus secs renforceront la violence et la fréquence des crues et des sécheresses. D’autre part, la possible disparition du Gulf Stream pourrait conduire à un refroidissement considérable (-4°C) de notre façade océanique.

Les milieux naturels

La faune et la flore seront perturbées. Au sud, les résineux et les chênes supporteront mal l’intensification de la sécheresse. Au nord, les hêtres souffriront du radoucissement de la température. Les risques d’incendie et de feux de forêt augmenteront.

La rapidité du changement climatique ne laissera pas le temps à certaines espèces de s’adapter et les condamnera à l’extinction.

L’agriculture

La raréfaction des ressources en eau dans le sud entraînera une pression plus forte sur les cultures. Outre un raccourcis-sement des cycles de culture, le rendement des cultures d’hiver (comme le blé) augmentera mais celui du maïs ou de la vigne diminuera. Les maladies et certains insectes proliféreront.

La santé publique

Une surmortalité générale en même temps que les maladies vasculaires, les affections respiratoires, les naissances prématurées, les troubles psychiques et les intoxications alimentaires augmenteront de manière significative en été.

Les maladies propagées par les insectes (paludisme, dengue...) s’étendront.

Le tourisme

Les Alpes connaîtront une nette diminution de leur durée d’enneigement à 1500m d’altitude en même temps qu’une disparition en un siècle de près de la moitié de leurs glaciers. La réduction du manteau neigeux des Alpes et des Pyrénées entraînera des difficultés considérables pour les stations de ski de moyenne montagne.

Avec l’élévation du niveau de la mer, certains deltas, lagunes ou marais maritimes (Camargue, étangs de la côte du Languedoc) sont menacés de submersion.

Nous avons tous été marqués par les tempêtes de décembre 1999 et les récentes inondations. Même si on ne peut pas les attribuer directement aux dérèglements climatiques, elles nous donnent un avant-goût de l’intensité de certaines conséquences et révèlent la vulnérabilité de nos sociétés. Les forêts après les tempètes : 140 MILLIONS DE M3 COUCHES


Impacts potentiels du changement climatique en France au XXIème siècle

- Source : Résumé des "impacts potentiels du changement climatique en France au XXIème siècle" (Ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement Paris, 2000)

Pour visualiser les cartes de modification de la pluviométriesur le territoire français, consultez cette page de Météo-France.. et de la température : cette page..

En plus de l’aggravation et de la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, inondations, sécheresses, etc.) sont prévus pour la France durant le siècle à venir :

Effets de l’élévation du niveau des mers

Les impacts attendus de l’élévation du niveau des mers (50 cm prévus en 2100) sont de plusieurs ordres : submersion, accentuation de l’érosion, phénomènes de salinisation des estuaires, réduction du volume des eaux douces souterraines, accroissement de la fréquence des surcotes. ces résultats seront accrus par d’autres résultats de l’activité humaines et par d’autres conséquences de l’effet de serre comme l’augmentation des cyclones dans les régions tropicales et celle des ondes de tempête dans les latitudes tempérées. Les

récifs coralliens seront alors menacés. En métropole, les régions les plus concernées sont les espaces deltaïques de la Camargue ainsi que le rivage à lagunes du Languedoc.

Effets sur l’enneigement

Les conséquences sur l’enneigement du changement climatique montrent une nette diminution de la durée d’enneigement à 1500 m d’altitude : de 20 à 25 % dans les Alpes du Nord, de l’ordre de 30 % dans les Alpes du sud et plus de 40 % dans les Alpes azuréennes. Dans les Pyrénées, la diminution est également tres importante.

Effets sur les eaux superficielles et souterraines

L’évolution qui se dessine au vu des résultats des modèles est l’occurrence de crues plus accentuées et plus fréquentes en hiver et des étiage (niveau moyen le plus bas d’un cours d’eau) plus marqués l’été. L’irrégularité accrue des des approvisionnements entre saisons et années devrait se répercuter sur le régime des nappes locales à faible réserve.

Effets sur les sols

L’action répétée des cycles de dessiccation (élimination de l’humidité) due au changement de climat devrait tendrait à diminuer la réserve en eaux des sols, ceci ayant une influence négative sur la recharge des nappes, la même action répétée aurait des conséquences possibles sur le tassement des constructions. On peut aussi prévoir une aggravation des risques d’érosion hydrique compte tenu de l’augmentation de la pluviométrie, de l’augmentation des orages et de la diminution possible de matière organique dans le sol.

Impacts sur l’agriculture

Augmentation du rendement des céréales mais pour d’autres cultures, comme la vigne, effet inverse (réduction du cycle de végétation). Plus grande compétitivité des mauvaises herbes, développement des maladies cryptogamique et de la population d’insectes. Déstabilisation accrue des systèmes de production.

Impacts sur la sylviculture

Certaines espèces (pin maritime, pin d’Alep, chêne pubescent, chêne vert) auraient une possibilité d’extension vers le Nord alors qu’elles pourraient rencontrer des difficultés dans certaines parties de leur zone actuelle du fait de l’augmentation des déficits hydriques. L’augmentation des contraintes hydriques pourraient compromettre l’existence de certaines forêts actuelles de la moitié nord de la France.

Impact sur les écosystèmes méditerranéens

L’augmentation de la température, la diminution des pluies estivales et la perturbation du régime pluviométrique allant dans une augmentation en fréquence des fortes pluies sont à attendre. Une plus longue période de stress peut rendre les écosystèmes plus sensibles au risque d’incendie.

Impacts en zone montagnarde

Dans les Alpes occidentales, l’élévation de température pourrait être plus forte que la hausse moyenne prévue pour la France. La réduction de la couverture neigeuse accroîtra la sécheresse estivale et le risque d’incendies. L’accroissement de la moyenne des précipitations et l’augmentation des précipitations de forte intensité, la déstabilisation des pentes liés à une dégradation du permafrost devraient accroître les risques de glissement de terrain, de flux de boues, de chutes de rochers. Les plantes d’étage alpin et nival verraient leur aire réduite alors que ces sont ces étages qui contiennent la majeure partie des endémiques de la foret alpine.

Impacts sur la santé

Impacts plus important sur les personnes âgées et les malades chroniques. Maladies cardiovasculaires et cerebrovasculaires susceptibles de contribuer à une probable surmortalité l’été. Maladies de l’appareil respiratoire en relation avec l’évolution de la qualité de l’air, les lithiases, les naissances prématurées, les troubles psychiques. Le changement du climat étant propice pour nombre de vecteurs de maladies (moustiques, phlébotomes), on peut s’attendre à une extension géographique de l’agent infectieux.

Note sur les prévisions : les marges d’incertitudes sont importantes et les cofacteurs seraient à prendre en compte.