
COMMENT REAGISSENT LES ETATS AU NIVEAU INTERNATIONAL ?
Suite à l’alerte donnée dans les années 1970 par la communauté scientifique, les Etats se sont progressivement mobilisés. Depuis près de 10 ans, chaque année, des conférences internationales sont organisées afin de trouver des moyens collectifs efficaces de lutte contre l’effet de serre. Mais entre intérêts politiques et enjeux économiques, les solutions tardent à se mettre en place...
C’est au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 que s’est mis en place le processus international actuel de lutte contre l’effet de serre. La plupart des pays y ont adopté la Convention sur les changements climatiques. Ce faisant, les pays industrialisés ont, d’une part admis leur responsabilité dans le dérèglement climatique, d’autre part accepté de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ils ont également reconnu le droit au développement des pays pauvres, qui ont jusqu’ici peu produit de gaz à effet de serre.
En 1997, 180 pays ont adopté le Protocole de Kyoto. A cette occasion, des objectifs quantitatifs de réduction des émissions de gaz furent fixés pour les pays industrialisés. Ils devront diminuer de 5,2 % en moyenne en 2008-2012 leurs émissions par rapport au niveau de 1990. Conformément à ce qui fut défini à Rio, les pays en développement seront exemptés de tels efforts dans une première période.
D’autre part, sous la pression d’un groupe de pays conduit par les Etats-Unis, des instruments de “flexibilité” ont été admis ; ces droits à émettre des gaz à effet de serre deviendraient une marchandise comme une autre que l’on vend et que l’on achète au lieu de chercher à dépolluer chez soi.
En novembre 2000, à La Haye, les Etats ont échoué à fixer les règles d’application du Protocole de Kyoto.
Ce Protocole, aux objectifs modestes, marque pourtant un tournant économique et politique. Il vise à infléchir une tendance mondiale à l’augmentation de plus en plus rapide des consommations énergétiques. Il correspond de fait à des réductions beaucoup plus marquées (de -10 à -25 % par rapport aux prévisions en l’absence de mesures) en raison de la croissance économique.
Cependant, il reste du chemin à faire. Les scientifiques ont calculé que c’est un objectif de -60 % de réduction d’émissions qui doit être atteint d’ici 2100 pour stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
A terme, il faudra bien que les émissions par habitant, marquées par des inégalités criantes, convergent de manière équitable vers une même valeur.
Pour suivre l’état de la ratification du Protocole, consultez le thermomètre de Kyoto sur : http://unfccc.int/resource/kpthermo.html