
"Eole ou Pluton ?" est un rapport commandité par Greenpeace, datant de décembre 2003. Il a été réalisé par Antoine BONDUELLE (auteur principal) et Mathias LEFEVRE.
L’étude consiste à évaluer à dépenses égales le programme éolien que EDF pourrait réaliser par rapport à la construction d’un réacteur EPR. L’étude compare la production et les emplois créés pour les deux filières. Autour de son scénario central, l’étude se décline en trois variantes pour évaluer la sensibilité de différents critères. Ce travail met l’investissement sur un pied d’égalité dans les deux formes d’énergie : dans les deux cas, EDF est considéré comme l’investisseur et le gestionnaire des centrales électriques. L’égalité des conditions économiques, par exemple pour les taux d’intérêts bancaires et l’accès à l’investissement, est nécessaire pour parvenir à une comparaison équitable.
Télécharger le résumé (format pdf)
Téléchargé le rapport complet (format pdf - 472 ko)
Introduction
La France, notamment à travers un débat national et le vote prochain d’une loi d’orientation sur les énergies, se pose ouvertement la question de la nécessité de construire prochainement un réacteur EPR (European Pressurized Reactor) de démonstration. Selon Mme Fontaine, Ministre Déléguée à l’Industrie, cette question n’intervient pas dans la perspective d’une relance immédiate du nucléaire, mais au contraire, dans l’optique « de disposer du maximum d’options énergétiques ouvertes et de pouvoir ainsi réellement décider de remplacer ou non tout ou partie du parc par un nouveau parc nucléaire » à l’horizon 2020-20251. Pour contribuer à ce débat, Greenpeace a demandé à l’association DETENTE de mettre à jour un calcul déjà diffusé par cette association en 1999, le rapport « Eole ou Pluton ? »2. L’idée est simple : si, au lieu de dépenser une somme considérable pour construire l’EPR, EDF investissait dans un programme éolien équivalent : Quelle serait alors la quantité d’électricité produite ? Et combien d’emplois pourrait-on espérer pour l’économie française ? La production à grande échelle d’électricité à partir d’éoliennes terrestres ou maritimes n’est plus une vue de l’esprit. Depuis la première étude menée en 1999, on a pu constaté de nombreux développements pour l’industrie éolienne, et notamment son taux de croissance annuel supérieur à 30% depuis dix ans. L’éolien aujourd’hui en France, c’est une puissance installée de plus 220 MW, pour une capacité de production de plus 300 GWh3. Ces valeurs sont néanmoins très en deçà de l’équipement des pays les plus avancés. Le but du rapport n’est pas de mettre au point une stratégie globale de l’énergie. Ainsi, l’objectif n’est pas de proposer le « tout éolien » en substitution du « tout nucléaire » mais bien de fixer les ordres de grandeur sur les sommes mises en jeu dans un programme tel que l’EPR, et de montrer ce qu’il serait possible de réaliser, avec les mêmes moyens, en développant une filière propre sans déchets ni effet de serre. Cette exigence se reflète dans les attentes des clients d’EDF. Ceux-ci, lorsqu’ils furent interrogés par l’entreprise nationale en janvier 2002, ont massivement exprimés une forte priorité (85%) pour l’avenir de l’entreprise : « la mise au point de nouvelles techniques d’énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, solaire, biomasse) »4. Le présent rapport entend donc illustrer deux choix possibles pour l’électricien national. D’un côté, un conservatisme peu créateur d’emplois et générateur de risques financiers et commerciaux importants. De l’autre, une stratégie ambitieuse qui diversifie réellement les sources d’énergie. Une comparaison rigoureuse des coûts et des conséquences pour l’emploi pourra alimenter le débat et évaluer l’enjeu social pour le pays.
NOTES :
1 Extrait du Livre Blanc sur l’énergie présenté par Mme Fontaine le 7 novembre 2003 : www.industrie.gouv.fr
2 « Eole ou Pluton ? », rapport rédigé par Olivier Finet et Alain Dorange (1999)
3 Selon l’ADEME : http://suivi-eolien.com, au 19 mai 2003.
4 Les études d’opinion les plus récentes sur la France sont compilées en annexe.