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Accueil > Politiques et mesures > Politiques françaises > Élections 2017 > Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous : qui dit quoi ?
Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous : qui dit quoi ?
date 13 avril
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Notre analyse des propositions des candidats à l’élection présidentielle.

François Fillon

Priorité à la modernisation du réseau ferroviaire et au véhicule électrique et autonome


Le candidat prévoit de :
- Donner la priorité à la mise à niveau et à la modernisation du réseau ferroviaire
- Développer les véhicules électriques et autonomes
- Privilégier le fret massifié pour le transport de marchandises
- Revoir les priorités sur les grands projets d’infrastructures en fonction des capacités de financement et dégager les ressources financières nécessaires

Notre avis
Le candidat souhaite privilégier le fret massifié pour le transport de marchandises. Par ailleurs, il prévoit de donner la priorité au réseau ferroviaire dégradé ce qui va dans le bon sens. Pourtant, son programme ne fait aucunement référence à la nécessité, telle que pointée par la Cour des Comptes, de revenir sur l’instauration de l’écotaxe poids lourds, outil indispensable pour rendre le fret non routier compétitif et dégager les ressources nécessaires à la mise en place de mobilités alternatives, notamment au niveau des collectivités locales.
Par ailleurs, la promotion de la voiture électrique ne peut suffire à elle seule pour faire en sorte que le secteur des transports réduise drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Les autres mobilités, partagées et actives (vélo, marche à pied), ainsi que le développement des transports en commun ne sont pas évoqués dans le programme. L’efficacité des véhicules (renforcement en discussion sur la scène européenne des normes pour diminuer leur consommation de carburant et les émissions de CO2) est absente.
La question de la nécessaire préservation de la qualité de l’air est également absente, le candidat ne s’exprimant pas sur le rattrapage fiscal diesel essence, pourtant indispensable en la matière.
Enfin, la priorisation des projets d’infrastructures n’est pas du tout corrélée à l’impact de ces dernières sur le climat ou l’environnement mais simplement “aux capacités de financements”. Le candidat s’est ainsi exprimé publiquement en faveur du maintien du projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes malgré ses impacts avérés sur l’environnement et le climat.


Benoît Hamon

Sortie du diesel à horizon 2025, priorité à la rénovation et au développement du ferroviaire, plan d’efficacité et de sobriété énergétique


Le candidat propose de :
- Programmer la sortie maîtrisée du diesel à horizon 2025 pour les voitures neuves
- Mettre fin à l’avantage fiscal diesel essence
- Maintien de tous les arrêts desservis par des lignes d’équilibre du territoire
- Donner la priorité à la rénovation et au développement du ferroviaire
- Confier la gestion de l’écotaxe poids lourds aux régions
- Renoncer au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-Des-Landes et organiser des conférences de consensus lorsqu’est établie l’existence d’un lourd impact écologique d’un grand projet d’investissement local ou national
- Lancer un plan d’efficacité et de sobriété énergétique (transports en commun et véhicules propres)

Notre avis
Le problème de santé publique causé par les particules fines en grande partie issue de la diésélisation du parc automobile français est bien identifié dans le programme du candidat, avec des propositions pour sortir du diesel à horizon 2025 et revenir sur l’avantage fiscal du diesel par rapport à l’essence. Un point de vigilance aurait dû cependant être apporté aux solutions de remplacement car l’essence en particulier est très émettrice de gaz à effet de serre et de polluants. Les mobilités alternatives sont évoquées dans le programme mais aucune précision n’est apportée sur les modes de soutien qui y seront consacrés (TVA à taux réduit sur les transports en commun ? appels à projets pour le développement des transports propres et des mobilités actives comme le vélo ?). Ainsi, si le programme évoque l’offre d’alternatives à la voiture individuelle, il reste trop peu précis sur les moyens qui seront mis en œuvre pour y parvenir.
La priorité donnée à la rénovation et au développement du ferroviaire est encourageante surtout que le candidat prévoit de confier aux régions la gestion de l’écotaxe poids lourds, outil indispensable à la réorientation des modes de transports de voyageurs et de marchandises de la route vers le rail. Son projet de maintenir tous les arrêts de trains des lignes d’équilibre du territoire pourrait sauver certaines lignes de train qui sont en sursis ou ont été abandonnées alors qu’elles apportent une solution pour les déplacements de moyenne et longue distances plus écologique.
Le renforcement, au niveau européen, des normes sur la pollution et les émissions n’est pas mentionné dans le programme. Cette réglementation européenne, dont la révision est prévue cette année, est pourtant clé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules de demain.
Sur les grands projets d’infrastructures de transports, le programme évoque la mise en place de conférences de consensus pour les projets ayant un lourd impact écologique. Le candidat étant opposé au projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-landes, la démarche sera dédiée à la recherche d’alternatives à un nouvel aéroport, selon son intervention chez le WWF le 14 avril, sans préciser sans préciser si cela s’inscrira dans la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre des transports.


Marine Le Pen

Renationalisation des sociétés d’autoroutes et développement d’une filière française de l’hydrogène


La candidate propose de soutenir :
- L’effort d’investissement en infrastructures, en particulier dans la ruralité (très haut débit, couverture téléphonique, routes...) et de renationaliser les sociétés d’autoroutes
- Une filière française de l’hydrogène (énergie propre), par un appui de l’État en matière de recherche et développement, afin de réduire notre dépendance au pétrole.

Notre avis
La candidate ne fait aucune proposition pour réduire l’impact des transports sur le changement climatique et sur la qualité de l’air, l’impact du diesel sur la santé n’étant même pas évoqué dans le programme. Elle propose au contraire d’investir dans les routes alors que l’égalité des territoires devrait passer par un développement des solutions de mobilité durable. Ces dernières sont absentes de son programme, tout comme la nécessité d’améliorer les normes européennes d’efficacité énergétique des véhicules. La nécessaire revitalisation du réseau ferroviaire est absente. Le seul élément destiné à rendre le secteur des transports moins émetteur de gaz à effet de serre et moins polluant est le développement de l’hydrogène pour remplacer le pétrole alors même que cette technologie n’est pas mature. La nécessaire transition du secteur des transports pour sortir du tout routier et du tout aérien et développer des solutions de mobilité alternatives n’est pas identifiée. Initialement opposée à un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, elle a annoncé en février s’en remettre au résultat favorable de la consultation locale, et ce alors que le projet est contraire aux objectifs climatiques et énergétiques de la France.


Emmanuel Macron

Priorité à la modernisation des infrastructures existantes, prime à la conversion et renforcement des normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs


Dans son programme le candidat prévoit de :
- Donner la priorité à la modernisation des infrastructures existantes en poursuivant le redressement entamé dans le secteur ferroviaire (pour les voyageurs et le fret) et en rattrapant le retard pris sur l’entretien des routes.
- Remplacer les vieux véhicules polluants en créant une prime de 1000 euros pour acheter un véhicule neuf ou d’occasion moins polluant
- Accélérer le déploiement des véhicules électriques en maintenant le bonus-malus à l’achat et en accélérant le déploiement des bornes de recharge
- Opérer sous le quinquennat le rattrapage de la fiscalité diesel sur celle de l’essence
- Peser pour renforcer les normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs et les contrôles en conditions réelles (en tirant les enseignements du scandale Volkswagen), avec pour objectif de long terme de n’avoir plus, en 2040, aucune vente de véhicule thermique.
- Développer le covoiturage, grâce à la mise en place des voies dédiées aux bus, VTC et covoiturages sur les autoroutes urbaines et une modulation des péages en fonction de l’occupation des véhicules

Notre avis
La priorisation au redressement de l’existant en particulier du fret ferroviaire va dans le bon sens. Cependant, il conviendrait, pour rendre ce secteur compétitif, de restaurer l’écotaxe poids lourds et sur ce point, le candidat ne formule pas de proposition.
Toujours dans le domaine des infrastructures, même si le programme n’en fait pas explicitement mention, le candidat s’est engagé à mener à son terme l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes qui pourtant, du point de vue environnemental et climatique, devrait être abandonné.
Hormis une proposition intéressante et concrète sur le covoiturage, le programme reste insuffisant pour réduire la place de la voiture, alors que les transports en commun et les mobilités actives (marche et vélo) devraient être priorisés, notamment par un soutien financier de l’Etat aux collectivités locales souhaitant les développer. C’est en effet le développement de ces alternatives qui permettra d’opérer un véritable report modal depuis le véhicule particulier.
Le problème de la qualité de l’air est bien identifié dans le programme et l’un des moyens principaux pour y remédier, le rattrapage fiscal diesel-essence au cours du quinquennat est mentionné.
Le candidat s’exprime par ailleurs sur un renforcement des normes européennes sur les émissions de polluants des véhicules en conditions réelles ainsi que des contrôles renforcés au niveau européen, ce qui va dans le bon sens. Néanmoins, le renforcement des normes européennes ne vise pas que les émissions de polluants mais également les émissions de CO2 de tous les véhicules et à cet égard, des objectifs doivent être fixés pour 2025.


Jean-Luc Mélenchon

Développement des transports alternatifs et du ferroviaire et plan de sortie du diesel


Le candidat propose un programme détaillé sur la réforme du secteur du transport avec, comme principales mesures :
- Un plan pluriannuel d’investissements dans les transports de voyageurs qui ne dépendant pas du pétrole (marche, vélos, bus à énergie propre, tramways, TER, métro, trains Intercités, TGV).
- Une contribution carbone sur le transport routier de marchandises et une taxe kilométrique aux frontières dépendant de la distance parcourue
- Le développement des transports ferroviaires afin d’assurer un maillage adapté aux différentes échelles des territoires et la liaison entre les agglomérations par TGV, trains intercités, TER et trams-trains
- La réduction des distances parcourues par un aménagement des villes en quartiers accessibles à pied et en vélo et l’organisation des territoires autour des transports collectifs
- Un plan de sortie du diesel en ville et la suppression progressive des avantages fiscaux accordés au diesel pour les flottes d’entreprises
- Des services publics d’autocars pour les espaces ruraux ou difficiles à desservir par le ferroviaire
- La réalisation de voies vertes ou véloroutes pour permettre le développement du vélo
- L’arrêt du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes pour utiliser l’argent au profit du développement ferroviaire
- L’adoption d’un plan de développement du ferroutage et du report modal pour réduire le transport routier de marchandises
- L’autorisation des liaisons par autocars seulement là où il n’y a pas de ligne TER
- Une sortie du diesel en commençant par supprimer progressivement l’avantage fiscal pour les flottes d’entreprises

Notre avis
Le programme du candidat est détaillé concernant les propositions sur le transport de voyageurs et de marchandises et se prononce clairement en faveur de la sortie du tout routier pour donner la priorité au train et au fluvial dans le cas du transport de marchandises et aux mobilités alternatives comme la marche, le vélo et les transports en commun pour ce qui concerne le transport des voyageurs. Il va également dans le sens d’une meilleure articulation entre aménagement, infrastructures et mobilités, ce qui est cohérent avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports.
Cependant, la taxe prévue sur les camions devrait être appliquée à tous les camions, pas seulement étrangers.
Par ailleurs, le nécessaire rattrapage fiscal du diesel sur l’essence est uniquement mentionné pour les “flottes d’entreprises” et ce, de manière progressive.
En outre, le candidat ne s’exprime pas sur la nécessaire réforme européenne des normes d’émissions et de contrôle des véhicules alors que celle-ci, capitale, est en cours de négociation sur la scène européenne. Pas plus que le candidat ne fait référence, pour sortir du transport tout routier et tout aérien, à la fin des niches fiscales accordées au secteur aérien qui le rende injustement compétitif par rapport aux autres modes de transports moins polluants et émetteurs de gaz à effet de serre.
Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé clairement pour l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes dont l’impact sur l’environnement et le climat est incompatible avec la mise en œuvre de l’accord de Paris.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d’ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

date Post Scriptum

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...