
Les politiques et mesures nationales de lutte contre le changement climatique (PAMs en anglais) ont fait leurs trois petits tours à Marrakech et sont reparties. Force est de constater qu’à chaque négociation climat, elle sont condamnées à jouer la même comédie caricaturale, en forme moderne de la vertu outragée. Pourrait-on aborder la question des changements climatiques sans les y convier ? Non, bien sûr, mais au delà de la politesse forcée que leur montre la Convention sur le Climat, c’est d’une véritable histoire d’ « amour vache » qu’il s’agit : on leur réserve toujours la portion congrue.
On les maltraite, on les méprise. Cette malédiction, c’est celle qu’ont prononcée quelques Etats qui ne souhaitent pas les voir mettre leurs nez dans leurs pétrodollars ; c’est celle qu’ont prononcée aussi des Etats soi-disant vertueux qui veulent continuer à croire que le processus d’engagement de réduction quantifiée suffira par contrecoup à imposer les mesures nécessaires ?
Après dix ans de piétinement, que leur reste-t-il des miettes du festin ? Un peu de considération empoisonnée - deux articles du protocole de Kyoto ne consacrent-ils pas leurs « effets négatifs » ? - et deux séminaires à Copenhague ? C’est sympathique, mais c’est un peu maigre. Le disque est rayé. A Marrakech, la même phrase s’est jouée devant la plénière de l’Organe de conseil technique, le SBSTA.
Le texte de compromis proposé par son Président de séance a fini par être adopté tel quel après de belles tergiversations et diverses propositions de modifications. N’y cherchez pas le point révolutionnaire majeur qui aurait justifié de si longues discussions : il n’y en a pas. Avec un peu de chance, on pourra conclure à la 16ème session du SBSTA (juin 2002) ou à COP8 (fin 2002) la tenue d’un troisième séminaire. Génial.
Pendant ce temps, personne ne pose la question du bridage des moteurs de voiture, celle des actions à prendre au niveau international pour encadrer la croissance du transport aérien ou celle de la coopération effective pour une mise en ?uvre, même sur une base optionnelle, de politiques communes. Dommage. Espérons que les Etats auront le courage de relancer ce genre de débat après Marrakech, lorsque les autres problèmes relatifs aux mécanismes de flexibilité seront réglés ? N’en doutons point !
mise à jour : 7 décembre 2001