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Accueil > Politiques et mesures > Politiques françaises > Élections 2017 > Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au Sud : qui dit quoi ?
Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au Sud : qui dit quoi ?
date 13 avril
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Notre analyse des propositions des candidats à l’élection présidentielle.

François Fillon

La solidarité climatique absente et une aide au développement conditionnée à la lutte contre l’immigration


François Fillon ne fait pas de proposition spécifique en ce qui concerne les engagements financiers de la France pour la solidarité climatique. En revanche, il précise dans son programme une mesure concernant l’aide publique au développement, qui vise à la conditionner au respect par les Etats bénéficiaires d’une coopération en matière de lutte contre l’immigration irrégulière.

Notre avis
Le programme de François Fillon est très insuffisant en matière de solidarité internationale et climatique : il ne contient pas de référence aux engagements financiers de la France pour aider les pays les plus pauvres à faire face aux impacts du changement climatique et va même jusqu’à conditionner l’aide publique au développement au respect de politiques de coopération contre l’immigration irrégulière. La France s’est pourtant engagée à travers la COP21 à fournir 5 milliards d’euros par an d’ici 2020 aux populations et pays les plus vulnérables, et continue à développer des financements innovants comme la taxe sur les transactions financières pour lever des fonds sans peser sur le contribuable. Cette solidarité climatique des pays riches, dont la France, est incontournable pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.


Benoît Hamon

Une trajectoire pour atteindre 0,7 % du revenu national brut pour l’aide au développement et des mentions aux sources innovantes de financement


Le candidat propose de :
- Inscrire l’aide publique au développement dans une trajectoire de 0,7% du revenu national brut et d’atteindre ce pourcentage d’ici à 2022
- Porter les subventions dans le cadre de l’aide publique au développement à un milliard d’euros par an d’ici à 2020, financées notamment par l’élargissement de la taxe sur les transactions financières
- Garantir la mise en œuvre de la COP21 y compris dans les lois de finance
- Proposer une taxe sur les transactions financières à ses partenaires européens

Notre avis
Le programme ne fait pas explicitement référence aux financements climat de la France qui devraient atteindre 5 milliards d’euros par an d’ici à 2020, selon les engagements pris lors de la COP21. Il propose en revanche une augmentation significative et chiffrée du montant des dons accordés par la France dans le cadre de son aide au développement : 1 milliard d’euros d’ici à 2020, sans préciser cependant quelle somme irait aux financements climat. Cette proposition permettrait de rééquilibrer, en partie, la structure des financements français pour la solidarité internationale.
La mention aux outils innovants de financements tels que la taxe sur les transactions financières va dans le bon sens. Cependant, une taxe européenne sur les transactions financières est déjà en discussion depuis plusieurs années et la priorité ne doit donc pas être de proposer cet outil aux partenaires européens mais de le faire aboutir et de trouver un accord pour qu’une majorité de ses recettes aille au soutien des politiques de développement et de lutte contre les changements climatiques.
Enfin, le fait d’utiliser les revenus de la taxe sur les transactions financières française, déjà en place, pour permettre d’allouer plus de subventions dans le cadre de l’aide publique au développement est un élément positif, qui doit impliquer l’élargissement effectif de la TTF aux transactions intra-journalières dès 2018. Il est également indispensable de faire en sorte que l’argent issu de la TTF française soit additionnel à l’aide publique au développement et non en substitution. Le candidat devrait clairement en faire mention dans son programme.


Marine Le Pen

La solidarité climatique aux abonnés absents


Marine Le Pen ne fait aucune référence à la solidarité climatique et aux engagements financiers pris par la France lors de la COP21 pour soutenir les pays les plus impactés par le dérèglement climatique.

Notre avis
Le programme est tout simplement muet en ce qui concerne les engagements financiers de la France pris lors de la COP21 pour soutenir les pays les plus vulnérables ou encore l’objectif d’aide publique au développement de 0,7 % du revenu national brut.
Il ne permet donc pas d’inscrire la France dans une dynamique de mise en œuvre de l’accord de Paris ni d’améliorer la résilience de pays et populations qui souffrent déjà des impacts du dérèglement climatique.


Emmanuel Macron

L’aide au développement conditionnée, la solidarité climatique peu mentionnée


Emmanuel Macron propose dans son programme de respecter l’objectif de 0,7 % du revenu national brut consacré à l’aide publique au développement. Il conditionne cependant cette promesse aux résultats économiques de la France et conditionne également l’APD au respect des pays bénéficiaires des politiques migratoires (évaluées lors d’une conférence annuelle).
Il mentionne spécifiquement le développement durable (au même titre que l’éducation, la santé et la promotion des femmes) comme priorité de l’aide publique au développement, tout en définissant des zones d’intervention prioritaires : Afrique sub-saharienne, le Sahel, le Maghreb, pays en crise. Enfin, Emmanuel Macron propose une hausse de la part des dons gérés par l’Agence française de développement.

Notre avis
L’engagement d’Emmanuel Macron de consacrer 0,7 % du revenu national brut pour l’aide publique au développement va dans le bon sens mais il ne doit pas être conditionné aux résultats économiques de la France et au respect des politiques migratoires. De plus, Emmanuel Macron a précisé son engagement en annonçant que ce pourcentage ne serait atteint qu’en 2030 : cela rend cette promesse hors mandat.
L’engagement d’aide publique au développement, tout comme l’engagement financier de la France de consacrer 5 milliards d’euros par an pour soutenir les pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont des engagements pris indépendamment du respect de telle ou telle autre politique. Les conditionner a posteriori équivaut à revenir sur ces engagements.
La volonté d’aider les zones les plus vulnérables et d’augmenter la part du don est un élément positif du programme du candidat, mais qui ne prend de sens que si les promesses financières de la France en matière de solidarité climatique sont tenues. Le programme devrait, à ce titre, rappeler et soutenir l’engagement de fournir 5 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays les plus pauvres à lutter contre les impacts des changements climatiques et développer des sociétés résilientes et bas carbone grâce aux énergies renouvelables.
Enfin, le candidat s’est exprimé au cours de la campagne pour la suspension des négociations de la taxe sur les transactions financières européenne tant que le statut de la Grande Bretagne vis-à-vis de l’Union européenne et du marché unique ne serait pas réglé. Cela va à l’encontre de la nécessité de développer des outils de financements innovants, pour permettre de lever des financements supplémentaires en soutien aux pays en développement.


Jean-Luc Mélenchon

Une trajectoire précisée pour l’aide au développement, la solidarité climatique comme outil de développement


Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon s’engage à tenir l’objectif de consacrer 0,7 % du revenu national brut à l’aide publique au développement. Il souligne l’impact du changement climatique sur les migrations et propose de lutter contre le réchauffement par des transferts de technologies et l’aide financière et matérielle à la transition dans les pays les plus vulnérables. Il souhaite également relancer la politique de codéveloppement et de coopération (scientifique, universitaire, sanitaire) avec les pays en développement, notamment en matière de lutte contre les changements climatiques.

Notre avis
Le programme contient un engagement clair sur l’atteinte des 0,7 % du revenu national brut pour l’aide publique au développement et l’aide financière à fournir aux pays les plus vulnérables pour qu’ils agissent contre les changements climatiques. En revanche, l’engagement de soutien financier de la France pris lors de la COP21 de mobiliser 5 milliards d’euros d’ici à 2020 pour les pays les plus impactés n’est pas mentionné. De même, la taxe sur les transactions financières n’est pas évoquée en tant qu’outil permettant de lever plus de financements pour le climat et la solidarité et ce, alors que plusieurs pays européens doivent aboutir à une décision sur l’instauration de cette taxe et l’affectation de ses recettes.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d’ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

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Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...