
Une cérémonie, à grand renfort de tam-tams et de danses traditionnelles, a servi de préambule, hier soir, à la plus grande réunion jamais organisée par l’ONU qui s’ouvre ce matin à Johannesburg, en Afrique du Sud. Pendant dix jours, jusqu’au 4 septembre, la conférence mondiale sur le développement durable rassemblera plusieurs dizaines de milliers de délégués et une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Toutefois, le président américain, George W. Bush, n’y assistera pas, préférant envoyer son secrétaire d’Etat Colin Powell.
Ce deuxième sommet de la Terre – après Rio, en 1992 – axera ses travaux sur la meilleure façon de faire coïncider, au cours des années à venir, la croissance économique avec les besoins des populations et le respect des grands équilibres environnementaux de la planète. Tel est, du moins, la très vaste et ambitieuse définition proposée par le « développement durable ». Concrètement, la conférence de Johannesburg devra surmonter de fortes divergences pour tenter d’adopter un plan d’action – qui faisait hier encore l’objet d’âpres négociations – sur une grande variété de thèmes : lutte contre la pauvreté, tout d’abord, mais aussi accès à l’eau, à l’énergie et aux soins, préservation des ressources naturelles...
Ce sommet est entouré d’importantes mesures de sécurité. Quelque 10 000 policiers et soldats ont été déployés dans la métropole sud-africaine. Le grand rendez-vous risque fort, il est vrai, d’être soumis à forte pression de la part des organisations non gouvernementales (ONG) – qui ont ouvert leur « contre-sommet » la semaine dernière – et des militants antimondialisation. Samedi soir, des heurts se sont produits dans la soirée entre quelque 700 manifestants hostiles au sommet et les policiers qui ont pour la première fois lancé des grenades étourdissantes sur la foule. La police a accusé hier les manifestants d’avoir impliqué des enfants dans ce défilé interdit par les autorités. Samedi également, des militants de Greenpeace ont escaladé les parois de la centrale nucléaire de Koeberg, à une vingtaine de kilomètres au nord du Cap. Ils ont déployé à son sommet une grande banderole proclamant « Le nucléaire hors d’Afrique ».A quoi sert le Sommet de la Terre.